Quentin Tarantino nous livre son sixième long métrage. Et c'est peu dire qu'il est bon.
Quentin Tarantino fait partie de ces metteurs en scènes qui n'en finissent pas de creuser leur sillon et d'imposer une patte unique à leurs longs métrages. Et cet
Inglourious Basterds ne déroge pas à la règle, s'imposant comme une grande œuvre de cinéma pour laquelle on sent un
Quentin Tarantino plus posé qu'à l'accoutumée, mais pour un film qui n'en est pas moins jouissif ! Résumer l'histoire du film n'est pas chose aisée, mais elle débute par Shosanna Dreyfus, qui voit toute sa famille se faire assassiner par les sbires de l'impitoyable colonel Landa. Approchée quelques années plus tard, alors qu'elle est gérante d'un cinéma, par les nazis afin d'y organiser une grande avant-première du film « La fierté de la nation », elle n'aura de cesse de vouloir organiser un meurtre à grande échelle. D'un autre côté, nous avons les bâtards, un groupe de soldats américains têtes brûlées, qui se sont forgés une sacré réputation de dézingueurs de nazis jusque dans les rangs de l'armée allemande, ce qui a pour cause de mettre le Fuhrer dans tous ses états. La route de ce petit monde est sur le point de se croiser…
Certains auront tôt fait de dire que le titre du film est trompeur car il ne se centre pas essentiellement sur les bâtards en question. Et pourtant, il n'y a pas vraiment escroquerie puisque lesdits bâtards sont parfaitement intégrés au sein d'une narration hyper fluide, et y tiennent un rôle important. A vrai dire, dans
Inglourious Basterds,
Quentin Tarantino ne donne le premier rôle à personne si ce n'est au cinéma lui-même, qui en sort orné d'une marque de profond respect et d'un grande dose d'amour, et ça fait un bien fou ! Un tant soit peu assagi,
Quentin Tarantino délaisse un peu les mimiques qui ont fait sa marque pour livrer un métrage à l'habile construction, dans lequel des scènes aux dialogues somptueusement écrits s'enchaînent sans fausse note. Si l'action n'est pas l'élément le plus en valeur du métrage,
Quentin Tarantino, par son montage performant et son choix de musiques toujours adéquates, imprime un bon tempo à son métrage dans lequel le plaisir du spectateur est le maître mot. Feuilletonnant le film avec des chapitres distincts à l'instar de son
Kill Bill,
Quentin Tarantino y montre une fois de plus son talent dans la direction d'acteurs ainsi que sa capacité à distiller un savoureux humour venant ponctuer des joutes verbales toujours jouissives, élevant
Inglourious Basterds au rang de grosse gourmandise pour cinéphile.
Réécrivant l'Histoire à sa façon,
Quentin Tarantino confirme sa grande capacité de conteur d'histoires, arrivant à nous captiver avec une histoire totalement fictive au coeur d'un événement pourtant terriblement ancré dans la mémoire collective, tout en livrant un objet diablement divertissant, et qui ne méprise jamais son public. On saura également apprécier ses choix en ce qui concerne l'interprétation, chaque acteur étant pile poil à sa place, avec en vrac un
Eli Roth dont la gueule colle parfaitement au surnom, un
Brad Pitt parfait en américain à l'accent à couper au couteau ou encore une
Mélanie Laurent idéalement placée en juive revancharde. Et que dire de
Christoph Waltz si ce n'est qu'il a amplement mérité son Prix d'interprétation à Cannes tant sa prestation est d'une grande virtuosité, incarnant un officier allemand aussi pernicieux que délicieux à regarder.
Quentin Tarantino continue de crier son amour du cinéma en n'oubliant pas de rassasier les spectateurs en chemin.