Benicio Del Toro incarne à l'écran le Wolfman, pour un film de loup-garou… malade.
Dire que ce film s'est fait attendre est un doux euphémisme tant sa sortie a été repoussée, suite à une production chaotique (tournage de nouvelles scènes, remontage) qui se fait bien entendu grandement ressentir sur le résultat final. Mise à jour d'un classique de
Universal Pictures,
Wolfman suit donc Lawrence Talbot, qui retourne dans la demeure familiale après que son frère ait été retrouvé mort. Il ne va pas tarder à comprendre pourquoi en se faisant attaquer par une bête sauvage, qui va le transformer lui-même en cette chose peu amicale. Il découvrira également de stupéfiants secrets.
Avec
Wolfman, on a failli avoir un vrai bon film de loup-garou, dommage… Oui dommage car on sent que ce métrage a été fait avec l'intention initiale de rendre hommage à un cinéma horrifique d'une certaine époque, et on appréciera la sincérité et l'absence de cynisme présente dans cette œuvre, dirigée par
Joe Johnston, plus connu comme « faiseur » pour les grands studios (
Jumanji,
Jurassic Park 3) que comme grand metteur en scène. Dommage car esthétiquement, le parfum délicieusement gothique de l'ensemble fleure bon les films de la Hammer, l'œil étant agréablement flatté par une direction artistique des plus soignés et une gestion des maquillages et effets spéciaux brillante, nous faisant grandement regretter ce qui entoure tout ça.
On aurait pu obtenir un bon film de loup-garou si la production avait été moins chaotique, le remontage se faisant trop ressentir, resserrant les évènements autour de l'action et des débordements gores (appréciables), lorsque ce ne sont pas les effets cuts qui se font hasardeux. Cela pénalise sans cesse une dimension émotionnelle quasi absente, l'exemple le plus flagrant étant la réduction à néant de la romance entre
Emily Blunt et
Benicio Del Toro, annihilant ainsi l'effet voulu de la scène finale, qui laisse le spectateur sur un gros sentiment de frustration.
Wolfman est donc un exemple parmi tant d'autres de métrage bidouillé par ses producteurs, à l'histoire trop compactée, préférant avancer sur un rythme soutenu plutôt que de prendre le temps d'étoffer ses personnages et d'exposer les réels enjeux du récit. Peut-être aurons-nous droit un jour à la version longue non remontée qui sait… En l'état, le quatuor d'acteurs présents (
Emily Blunt /
Benicio Del Toro /
Anthony Hopkins /
Hugo Weaving) fait plus office de pantins qu'autre chose, leur interprétation n'apportant à aucun moment une plus-value, coincés qu'ils sont dans un montage ne leur permettant pas de briller.
Joli mais visiblement mis à mal par une production chaotique et charcuté par un montage hasardeux, Wolfman aurait pu être un bon film de loup-garou. Dommage.