X Files - Régénération devait être l'un des temps fort parmi les sorties estivales, en définitive il restera comme le non-événement de cette année 2008.
Régénération : n.f. «
Action de régénérer »
Régénérer : v.t «
Reconstituer après destruction. Rendre à une substance ses propriétés initiales, altérées ou modifiées au cours d'un traitement. Réformer en ramenant à un état antérieur jugé meilleur ».
Avec le titre français (très bien trouvé d'ailleurs), on était plutôt en droit d'attendre de cette seconde monture grand format des enquêtes paranormales des agents Mulder et Scully un véritable renouveau, un coup d'éclat capable de redonner vie et forme à une saga fantastique télévisuelle initiale, tombée en décrépitude au fil de sa trop longue existence, jusqu'à voir son audimat plonger en flèche. Propos exagéré ? Combien sont ceux à avoir été jusqu'au bout des 9 saisons ? Combien ont vu l'épisode final ? Une régénérescence, voilà ce qui nous était promis. Mais force est de constater que la greffe n'a pas pris, démontrant une bonne fois pour toutes qu'
X-Files n'est plus que l'ombre d'un culte endormi, la réminiscence d'un show autrefois glorieux, aujourd'hui quelque peu oublié.
Qu'apporte
X Files – Régénération à plus de 200 épisodes et un premier opus cinématographique faisant office de « passerelle » entre deux saisons ? Absolument rien. Qu'on se focalise d'un point de vue qualitatif propre ou bien d'une approche globale de l'univers enfanté par
Chris Carter, s'étant cette fois-ci bien gardé de nous ressortir son histoire de complot gouvernemental sur fond d'invasion extra-terrestre. Point de rencontre du troisième type ici, même s'il est question d'enlèvement. Celui d'une agent du FBI kidnappée, que les visions extra-lucides d'un ancien prêtre pédophile mettent sur la piste d'un éventuel trafic d'organes des plus flous. Devant le caractère non conventionnel de l'affaire on fait alors appel à Fox Mulder, professionnellement laissé pour compte et humilié, et à Dana Scully redevenue médecin, afin de remettre les pièces du puzzle en place et découvrir la vérité ...
On a beau retourner l'énigme dans tous les sens, difficile de comprendre les raisons d'un tel échec. Accuser la gestation tardive de l'objet (10 ans se sont écoulés depuis
X Files – Combattre le futur) ne change rien au problème.
X Files – Régénération semble avoir été fabriqué dans l'indifférence générale de ses initiateurs. Pourtant son appellation originelle devrait contredire cette hypothèse : rappelons qu'aux Etats-Unis, le film est nommé
X Files : I Want to Believe soit « Je veux croire » ou « Je veux y croire ». Croire à quoi ? Au vide matériel d'une enquête mise en place uniquement pour proposer une confrontation mille fois vue entre les certitudes de Mulder et le scepticisme de Scully ? Au script tellement mécanique, tellement dénué de toutes ambitions, que sa production pour la petite lucarne se serait vue refusée ? Aux multiples ouvertures perpétuellement avortées dans l'œuf ?...
Non, on ne nous fera pas gober ça. Ni que les acteurs n'ont pas rempilé plus par obligation que par profonde conviction. Entre un
David Duchovny parfois prisonnier de son personnage coquin de
Californication (que vient faire là l'humour polisson ?) et une
Gillian Anderson complètement désintéressée,
X Files – Régénération patine dans la semoule pour retrouver un brin d'éclat, celui qui nous scotchait il y a 15 ans sur notre canapé chaque samedi soir. Avec toute la volonté du monde,
X Files – Régénération, on ne peut y croire. Une décennie d’attente pour aboutir à un résultat pareil : un simple double épisode, déficient, anecdotique et nonchalant. Cela mérite de faire la lumière sur le motif des coupables, plus que de visionner l’objet du délit.