Philip K. Dick se fait encore adapter au cinéma, cette fois par Lee Tamahori, avec un Nicolas Cage en médium qui doit sauver sa copine, et accessoirement le monde.
Philip K. Dick a la côte auprès du grand écran avec les adaptations récentes de
Minority Report,
Paycheck ou encore
A Scanner Darkly. Cette fois donc, c’est
Next, librement inspiré de sa nouvelle « The Golden Man », qui apparaît sur nos écrans. Bon, on sait que
Lee Tamahori n’est pas une assurance tous risques, alternant le potable et le bien moins bon, mais la présence au casting de
Nicolas Cage,
Julianne Moore et
Jessica Biel, trois acteurs maintenant rôdés aux grosses productions, peut nous faire penser que, au pire, on pourrait obtenir un divertissement potable. Et bien, non, même pas.
Le film de
Lee Tamahori n’arrive jamais à transcender une histoire au départ déjà bien banale où il s’agit de suivre Chris Johnson, un médium un peu spécial qui ne voit pas au-delà de deux minutes, et uniquement lorsqu’il est impliqué dans l’action. Le FBI, sur une affaire de terroristes qui ont volé une charge atomique, se dit que le bonhomme peut faire mieux et va donc vouloir l’appréhender pour l’utiliser afin de déterminer où les méchants vont agir. Accusant un méchant manque de rythme, ce qui est déjà très fâcheux pour un film d’action,
Next aligne les situations archi déjà vues et lorsqu’il veut faire dans l’impressionnant, n’arrive pas à camoufler des effets spéciaux un peu hasardeux. La répétition de scènes identiques, un peu à la façon de
Un jour sans fin, pour illustrer les visions du héros est plutôt bien utilisée au début en y injectant une petite dose d’humour qui fait son effet. Mais par la suite,
Lee Tamahori abuse du procédé pour nous servir des scènes plongeant la tête première dans le ridicule, sans se poser de questions.
Le problème en le voyant c’est qu’on se demande si
Lee Tamahori s’intéresse vraiment à son film tant il le laisse aller vers le grand n’importe quoi et ne semble pas avoir dirigé ses acteurs qui se débrouillent avec ce qu’ils ont. Ainsi, après
Ghost Rider,
Nicolas Cage nous ressort une interprétation sans saveur et ce ne sont pas ses deux partenaires féminines qui apportent du contraste. Sacrifier le talent de
Julianne Moore de la sorte relève presque du sacrilège, l’actrice n’ayant rien d’autre à faire qu’interpréter un sous-Jack Bauer qui fait ce qu’elle veut quand elle veut.
Jessica Biel, quant à elle, pourrait être élue plus belle décoration florale de l’année tant elle n’a rien a jouer , ce qu’elle fait donc finalement très bien. La pseudo-romance entre elle et
Nicolas Cage est d’ailleurs tellement amenée comme un cheveu sur la soupe, et tous les personnages tellement peu travaillés, qu’on finit par se désintéresser totalement de ce film vain, qui tente en plus de nous surprendre par un twist final frelaté. Râté. Après un sinistre xXx 2, Lee Tamahori ne remonte pas la pente avec ce Next qui n’assure pas ses promesses au niveau de l’action, et dont les acteurs sont livrés à eux-même au milieu d’un film qui accumule des scènes au fort goût de déjà vu. Quand elles ne versent pas dans le grand n’importe quoi.