August Rush, jeune orphelin, veut retrouver ses parents qu'il pense en vie. Oui, c'est aussi niais que ça en a l'air.
Oliver Twist a un nouveau nom : il s'appelle Evan Taylor, et aimerait bien retrouver ses parents. Ceux-ci se sont rencontrés encore tout jeunes il y a quelques onze années et, l'instant d'une nuit, l'ont conçu : elle est violoncelliste, il est chanteur et guitariste d'un groupe de rock, ils se croisent sur un toit et voilà. Mais le père de l'une et le groupe de l'autre ont d'autres choses à faire le lendemain, et les deux musiciens ne se revoient plus. Evan, dans son orphelinat, les entend dans le bruit du vent et attend leur retour. Parce qu'il le sait : un jour, il les retrouvera. Il suffit qu'ils puissent l'entendre comme lui les entend. Alors Evan quitte l'orphelinat, se retrouve en plein New-York, rencontre des enfants musiciens mendiants qui travaillent pour un type louche (je l'avais bien dit, que c'était Oliver Twist) qui lui donne même un nom de scène – August Rush, croise un pasteur et sa nièce, la directrice de Julliard aussi (rien de moins), et de rencontres en rencontres apprend à composer la musique qu'il a entendu toute sa vie. Alors, s'il la joue, peut-être ses parents l'entendront...
Un orphelin qui ne l'est pas, de jeunes adultes malheureux qui regrettent un amour perdu, une bonne dose de hasard et de destin mélangés, des hommes compréhensifs sur le chemin, une musique qui a tendance à s'envoler à la moindre occasion, … eh oui,
August Rush est une bluette bourrée de bons sentiments très accessible pour un jeune public. Le propos est inoffensif et plein d'espoir, l'histoire enchaîne les gentilles attentions – même le « méchant » n'est pas si méchant que ça. La réalisatrice a voulu donner à son film des allures de conte initiatique : le parcours se fait à travers la musique au gré de rencontres pour arriver au but final, les retrouvailles tant espérées avec ses parents. La morale est sucrée et le suspens inexistant, et l'ensemble est trop niais pour qu'on tienne toute la durée du film. Les aventures du jeune August ne sont sauvées que par le regard perdu de
Freddie Highmore – qui est loin de nous livrer sa meilleure performance ici – et la présence indéniable à l'écran de ses deux « parents »,
Jonathan Rhys-Meyers et
Keri Russell.
La musique, dans
August Rush, tient une place prépondérante (au passage, rappelons que la chanson « Raise it up », qui se passe dans l'église, a été nominée aux Oscars
cette année). Certaines idées sont séduisantes, particulièrement la séquence dans la ville lorsque le jeune Evan/Auguste se retrouve au milieu d'un carrefour, cerné par les bruits qui l'entourent et créent une mélodie rythmique. La composition finale, sorte de pot-pourri de tout ce qui a été entendu avant, est aussi maîtrisée, et on ne peut qu'apprécier les premières minutes du film où se mêlent intelligemment les styles respectifs des deux futurs parents.
Mais l'histoire reste sans aucune saveur, totalement prévisible. La fin téléphonée se laisse prévoir dès les premières minutes et la forme que prend la résolution n'est même pas surprenante. Et si cela s'annonce comme un conte, il est inutile de chercher le second degré, il n'y en a pas. Tout est clair et simple. Le film rabâche des thèmes ultra traités de façon pas suffisamment innovante pour qu'on soit intéressé, et on est vite englouti sous le tas d'émotions douces et niaises qui nous tombent dessus. On n'espérait rien de précis de cet
August Rush, mais pas une telle débauche de niaiserie et les bons sentiments. C'est dommage, parce que la musique et l'idée du conte auraient pu être bien mieux exploitées. August Rush est une bluette niaise sauvée par ses acteurs - Jonathan Rhys-Meyers et Keri Russell en particulier - et par une musique pour le moins intéressante.