Trois ans se sont écoulés depuis L’Auberge espagnole et Xavier, à l’approche de la trentaine, est à la recherche du grand amour…
Xavier, alors qu’il arrive à la trentaine, a réussi à devenir ce qu’il a toujours voulu être, c’est-à-dire écrivain. Mais la vie au jour le jour n’est pas facile dans ce métier précaire et sa banquière lui met la pression à cause de ses problèmes financiers. Côté cœur, ce n’est pas l’extase non plus, il n’arrive pas à se fixer avec une fille et enchaîne les aventures sans réelle passion. Alors qu’il se voit confier l’écriture d’une sitcom, il est contraint d’aller à Londres pour faire équipe avec Wendy, son amie anglaise rencontrée en Espagne lors de ses études, afin de rédiger le scénario en anglais comme on le lui a demandé. Il apprend également que le frère de Wendy va se marier à Saint-Pétersbourg. A travers ses voyages, il va essayer de concilier travail et vie amoureuse.
Après le succès surprise de
L’Auberge espagnole en 2002 qui avait rassemblé 3 millions de spectateurs,
Cédric Klapisch remet le couvert dans les aventures de Xavier, jeune homme dont la vie est un perpétuel bordel, comme il le dit lui-même. Alors que le premier opus mettait plutôt en avant les notions d’amitié et de solidarité entre amis, il s’attarde cette fois davantage sur les mystères de l’amour à travers les déboires sentimentaux du héros.
La démarche de
Cédric Klapisch est sincère avec ce film où l’on sent qu’il souhaite continuer à mettre en évidence ce qui caractérise une génération en manque de repères. Mais contrairement à
Zach Braff et son
Garden State qui touchait au même sujet avec mélancolie et pudeur, il se focalise trop sur le personnage égocentrique de Xavier si bien qu’après une première heure plutôt enlevée, le film s’embourbe et tourne trop à la répétition avec ce personnage qui ne sait pas où il va. Il enchaîne sous nos yeux ses mésaventures amoureuses qui tournent finalement à une platitude certaine avec des péripéties dignes de n’importe quelle comédie romantique standard jusqu’à son final archi attendu et au moins aussi téléphoné que l’histoire de sitcom dont il se moque gentiment dans son film. Ce qui nous laisse penser que celui-ci aurait gagné à être raccourci d’une bonne demi-heure.
Mais en dehors de ce scénario finalement bien conventionnel, il faut reconnaître que
Cédric Klapisch sait utiliser ce qu’il faut pour capter l’audience, à savoir un montage saccadé qui lui est propre avec ces ralentissements et accélérations qui pourront toutefois également rebuter quelques spectateurs. La bande originale, à l’instar de
L’Auberge espagnole, est plutôt bien sentie et parvient par moments à nous emporter et à relever le film.
Les bonnes raisons de rester attentif tout au long du film ne sont donc pas là, mais dans certaines scènes irrésistibles complètement « sorties » du film (
Audrey Tautou en princesse désenchantée, la sitcom de bas étage, le pipeau de Xavier…). Il y a aussi les partitions d’actrices en second rôles de luxe comme
Audrey Tautou, d’une fragilité naturelle, mais surtout de
Cécile De France, débordante d‘énergie, dont la scène de rencontre avec le grand-père de Xavier est tout bonnement le sommet humoristique de l’œuvre.
Romain Duris, quant à lui, est toujours à l’aise dans son rôle d’homme perpétuellement perdu, mais ne semble pas réellement forcer son talent ni crever l’écran comme il a pu le faire récemment dans
De battre mon cœur s’est arrêté. La vraie grande performance de premier plan est à chercher du côté de
Kelly Reilly, au charme naturel, et à la désinvolture des plus touchantes. « Les poupées russes » ou « Comment faire pour trouver l’amour à 30 ans » est un film qui traîne en longueur avec des ficelles un peu grosses. Quelques scènes réussies ainsi que les pétillantes Kelly Reilly et Cécile de France tirent néanmoins le film vers le divertissement plutôt honnête.