Adapté du roman littéraire à succès, Les Tribulations d'une caissière envoie Déborah François au supermarché.
Comment le cinéma pouvait-il passer à côté du conte de fées moderne que constitue la trame de ces tribulations ? Il ne pouvait évidemment passer outre, en tout cas certains producteurs avisés ont sauté sur l'occasion. Effectivement l'histoire est belle, celle de cette caissière « par nécessité » comme elle le clame elle-même, qui décide d'alimenter un blog sur sa condition et plus largement sur celles de toutes ses collègues à travers la France. Le blog va connaître un succès retentissant et va alors logiquement attiser la curiosité des médias, qui ne parviennent pas à mettre la main sur son auteur. Pendant ce temps-là, on va suivre la vie au jour le jour de cette caissière et de ses collègues qui surmontent la situation.
En voyant
Les Tribulations d'une caissière, on aurait quand même aimé assister à une adaptation moins romancée, et qui surtout ne se serait pas sentie obligée de mettre en son seing une histoire d'amour improbable qui plombe la petite force qu'avait le film, c'est-à-dire dénoncer un tant soit peu la condition assez peu enviable de personnes qui font des horaires pas possibles pour peu de revenus tout en étant obligé de subir les humeurs des clients et des chefaillons. En voulant jouer sur les deux tableaux, le film se perd quelque part entre fausse candeur et fond social se voyant nettement parasité. Dommage parce que quelques mots sonnent juste et esthétiquement le film s'avère plutôt appliqué. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la mise en scène et du découpage qui peinent à imprimer un véritable rythme et masquer le déséquilibre prégnant qui handicape trop le métrage, celui-ci bénéficiant pourtant d'une interprétation plutôt convaincante qui aurait demandé à être mieux soutenue par un traitement plus solide. En effet
Déborah François ne démérite pas et elle est assez bien entourée par un casting féminin formé des confirmées
Firmine Richard et
Elsa Zylberstein ou de la petite nouvelle
Alice Belaïdi qui apportent une vraie fragilité à leur personnage. Encore dommage alors que la sensibilité dont elles font preuve soit souvent réduite à quasi-néant par des dialogues surfaits ampoulant considérablement l'ensemble, qui aurait pu avoir une réelle portée entre d'autres mains que celles du néophyte
Pierre Rambaldi.
Les Tribulations d'une caissière s'avère être une adaptation trop bancale dont le léger fond social est grandement parasité par une histoire d'amour improbable.