Quand derrière un titre français pas très inspiré se cache en fait une comédie sympathique et cocasse sur l'invention du premier vibromasseur électrique.
C'est en 1883, en pleine Angleterre victorienne, que fut inventé le premier godemiché électromécanique (bref, l'ancêtre du vibromasseur moderne !). Vous ne le saviez pas ?
Tanya Wexler vous l'apprend dans son troisième film,
Hysteria dont le titre français ridicule ne doit pas vous rebuter. Car
Oh My God !, c'est non seulement une histoire vraie mais aussi une comédie réussie et une histoire d'amour évitant toute niaiserie. On se trouve donc à une époque ou les conventions étaient rigides et portaient peu d'attention à la femme et à ses désirs. Le jeune médecin Mortimer Granville (
Hugh Dancy) rentre alors au service du Dr Darlymple (
Jonathan Pryce), spécialisé dans l'hystérie féminine. Le traitement consistant en des caresses thérapeutiques suggestives et très particulières (demandant un vigoureux déhanché du poignet), Granville finit par attraper une vilaine crampe qui l'empêche de continuer sa pratique, pourtant d'une redoutable efficacité.
Il faut dire qu'à l'époque, étaient taxées d'hystériques toutes les femmes souffrant de divers maux dus, en fait, à l'incapacité sexuelle de leur mari (et, ça faisait du coup, un nombre incalculable de « malades »). Un peu par hasard, et en partie grâce à son meilleur ami féru de nouvelles inventions technologiques (
Ruppert Everett, à l'élégance toujours « so british »), Granville va donc inventer l'engin révolutionnaire. Entre-temps, il aura fait la connaissance des filles du Dr Darlymple, la sage Emily (
Felicity Jones) et son contraire, Charlotte, (
Maggie Gyllenhaal, décidément délicieuse), féministe résolument engagée. D'après vous, pour qui le jeune médecin va-t'il craquer ?
Malgré son scénario archi-prévisible,
Oh My God ! mérite amplement le détour grâce à ses situations des plus cocasses et ses répliques bien amenées. Souvent drôle, jamais scabreux, le métrage, réalisé avec un soin évitant astucieusement l'académisme, multiplie les sous-thèmes (la liberté de la femme, l'émergence de la médecine moderne ou encore l'utilisation abusive des médias). La réalisatrice élude ainsi tout ennui ou répit qui pourrait s'installer entre les rencontres répétées de Mortimer et Charlotte qui donnent d'ailleurs lieu à des scènes charmantes (ce qui est souvent le cas au cinéma lorsque deux protagonistes tentent de nier leur évidente attirance). Se dirigeant au rythme d'une locomotive vers un final émouvant,
Oh My God ! s'interroge également sur la fidélité à ses principes et le droit à la différence ce qui ne peut que faire écho en chacun de nous. Interprété par des acteurs charismatiques (même si
Maggie Gyllenhaal vole la vedette à
Hugh Dancy), le métrage de
Tanya Wexler (dont les deux premiers films n'ont pas eu droit de sortie en France) reste un amusant divertissement, sans cesse agréable bien qu'on en devine très vite le déroulement.
Oh My God! se révèle être un film très plaisant, jamais ennuyeux et aux thématiques multiples. Un régal de comédie !