Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le vrai Père Noël sans jamais avoir osé le demander.
On nous aurait menti sur le Père Noël ? Non seulement il existerait mais il s'éloignerait grandement de l'image affable et bienveillante véhiculée depuis des décennies par une célèbre marque de soda. Plus du genre Père Fouettard, il ne faut pas espérer de lui une distribution de joujoux par milliers. Tout ce qu'on peut attendre c'est une quantité de fessées administrées aux garnements qui ne se seraient pas montré assez sages. C'est sûr qu'avec un tel personnage, les fêtes de fin d'année pour le jeune et craintif Pietari vont avoir un drôle de goût quand une équipe de scientifiques va déloger l'inquiétante figure de sa prison de glace. Arrivé le jour fatidique du 25 décembre, les cerfs de la régions sont retrouvés massacrés, les enfants disparaissent tandis que les villageois restants ont affaire à de curieux vieillards vêtus de l'habit d'Adam et Eve... Le sujet – improbable et terriblement attractif - nous vient de Finlande. Plus précisément d'un ancien réalisateur de spots publicitaires (ça se voit à l'image extrêmement chiadée du film) qui a amorcé sa reconversion avec plusieurs courts-métrages explorant ce détournement mythologique du Santa Claus dont
Père Noël : Origines est la suite logique et grand format. Un passage que
Jalmari Helander passe sans trop d'embûches et avec une envie même pas voilée de s'approprier le costume d'une production Amblin (il n'est pas le premier cette année :
Super 8,
Attack the Block…).
Film d'horreur familial placé sous le regard de l'enfance et de ses tourments,
Père Noël : Origines (on préfère le titre original Rare Exports), évoque les grandes heures du divertissement pour tous dont
Steven Spielberg s'était fait le parrain pendant les années 80. Celui qui n'avait pas peur de s'adresser aux plus jeunes sans réfréner l'aspect angoissant d'un sujet qui ne se contente pas ici d'égratigner gentiment l'ambiance festive de décembre ou l'aura édulcorée du père noël commercial. Davantage que l'audace de
Jalmari Helander d'en faire un croquemitaine, c'est surtout l'étrange sensation qui naît derrière le décalage (innocent ?) d'une scène de pépés rachitiques et intégralement nus courant après des bambins sans défenses. L'épisode pourrait choquer tellement le subconscient peut assimiler cette séquence à une allégorie pédophile. En d'autres mains moins délicates cela pourrait effectivement choquer ou faire rire jaune mais au bout du compte le réalisateur arrive à ses fins, suscite l'effet recherché chez le spectateur malgré un déséquilibre dans la construction du récit. Pas sûr que les cadeaux abondent sous le sapin de Helander… vilain garçon !
Une amusante curiosité qui à coup sûr trouvera sa clientèle parmi ceux qui voudront se détourner du déluge de films de Noël annuels.