Aller laver son linge tard le soir dans un lavomatic situé dans une impasse, est-ce réellement une bonne idée quand on est une belle jeune fille ? Réponse dans Blind Alley.
A la base,
Blind Alley (en VO,
El Callejon c'est-à dire « l'impasse ») devait être un épisode de l'excellente série
Masters of Horror réalisé par
Guillermo del Toro.
Antonio Trashorras, co-scénariste du sublime
L'Echine du diable ou encore d'
Agnosia (sorti il y a peu de temps en DVD) a repris les rennes du projet en le mettant en scène avec vingt minutes supplémentaires et signant ainsi son premier long-métrage. L'impasse en question, c'est celle qu'emprunte Rosa, une jeune femme de ménage qui rêve de devenir comédienne, un soir, tard, après qu'un coup de fil d'un « casteur » l'oblige à aller rapidement laver son « habit de scène » dans un lavomatic situé non loin de chez elle. Evidemment, la jeune femme ne va pas rester longtemps seule à se balader entre les machines à laver…
Avec
Blind Alley (rien à voir avec le polar de 1939 signé
Charles Vidor),
Antonio Trashorras a semble t'il voulu rendre hommage au giallo des seventies (notamment aux œuvres mémorables de
Dario< Argento) ainsi qu'aux E.C Comics, bandes dessinées américaines particulièrement sanglantes. Au final, l'esthétique kitsch et télévisuelle de son film faite de décors baroques aux lumières bleutées clignotantes, rappelle autant l'ambiance des
Mario Bava que celle, plus récente du
Jean-Jacques Beineix de
La Lune dans le caniveau. Nourri de multiples références (un flash-back malvenu qui semble tout droit sorti des
Prédateurs de
Tony Scott ou une utilisation habile du split-screen, hommage au
Sisters de
De Palma ?),
Blind Alley a du mal à allier le réel sentiment de claustrophobie qu'il inspire (la jeune fille va évidement se retrouver coincée dans le lavomatic pour échapper à un tueur) aux comportements complètement imbéciles de cette dernière. Aussi, malgré son côté résolument pulp-movie à la
Tarantino/Rodriguez, on comprend peu à peu que le film est en train de partir « en live » devant nos yeux ébahis par tant de stupidité. Lorsqu'au deux-tiers du film, on éclate de rire devant une situation d'une incongruité hilarante, on a compris que, malgré le fait qu'on ne s'ennuie pas, l'horreur est définitivement passé à la trappe au profit d'un divertissement cheap mais parfois amusant. Pour l'instant, le film n'a trouvé aucun distributeur cinéma ou vidéo en France.
Il est difficile de croire que c'est la même personne qui a signé le scénario de L'Echine du diable et celui de cet abracadabrant Blind Alley. A défaut de faire peur, le métrage peut faire passer un bon moment de rigolade entre potes.