Après les litres d'hémoglobines d'A l‘intérieur, Alexandre Bustillo et Julien Maury récidivent dans l'horreur avec Livide.
Parce qu'elle rêve d'une autre vie, Lucie Clavel se laisse tenter par son petite copain d'aller cambrioler la maison d'une vieille professeur de danse maintenue dans le coma, dans laquelle se trouverait un trésor. Avec le frère du petit ami, elle pénètre dans la demeure éloignée la nuit d'Halloween à la recherche d'une quelconque cachette, avant de constater qu'ils sont piégés à l'intérieur... Quoi que l'on puisse penser du premier long-métrage d'
Alexandre Bustillo et
Julien Maury, celui-ci était incontestablement porté par l'envie de sauter à pied joint dans le cinéma d'horreur. Celui sale, brutal et dérangeant mené par l'énergie de deux passionnés du genre.
Livide sent lui davantage le temps de la réflexion et la volonté de créer un univers cinématographique solide bercé par le lyrisme macabre d'une cinéphilie digérée (Lucio Fulci et Nacho Cerda en tête de proue). Il était donc aisé d'imaginer que les maladresses de débutants d'
A l'intérieur seraient corrigées par l'action de l'expérience et d'une ambition accrue. Paradoxalement, ce second coup d'essai laisse l'impression contraire même si les deux réalisateurs livrent un objet graphiquement beaucoup plus exigeant que leur précédent. Quelque part entre
L'Au-delà,
Suspiria,
Abandonnée et
Morse dans une atmosphère ibérique qui ne sied pas toujours à merveille avec le cadre rural breton.
Là n'est pas forcément le grand défaut de
Livide plastiquement singulier et attractif, qui se veut une relecture vampirique éloignée des habituels archétypes monstrueux ou romantiques de la créature. Ce qui a certainement poussé Bustillo et Maury à emprunter plusieurs pistes en même temps, au risque de se perdre en chemin. Sinueux et trouble, le film se cherche un équilibre qui ne parvient pas à se maintenir, laissant la lassitude s'installer tout doucement sans que l'on puisse s'attacher à des personnages quant à eux très caricaturaux. Quand il ne sont pas insupportables (les évadés de
LOL Félix Moati et
Jérémy Kapone). Il faut dire qu'hormis la révélation de
Chloé Coulloud et
Catherine Jacob dans un violent contre-emploi, l'interprétation générale constitue la grosse défaillance de
Livide alourdi par des dialogues chargeant une mule aux gros sabots. D'autant plus regrettable que les qualités du duo sont visibles mais n'arrivent pas à prendre la forme labyrinthique qu'on aurait aimé ressentir de cette énième tentative d'un cinéma horrifique français faisant encore office de proposition alléchante non tenue dans son intégralité.
Des lacunes… un peu trop pour cette tentative lyrique du film de vampire qui ne touche guère malgré un vivier d'idées qu'il est important de reconnaître.