Avec deux épisodes ayant engrangé plus de 800 millions au box-office mondial, pouvait-on éviter un troisième Alvin et les Chipmunks ? Non mais on peut toujours choisir de s'en passer.
Les deux premiers
Alvin et les Chipmunks visaient une audience établie au-dessous des 10 ans, il était logique que le troisième opus ne cherche pas à élever le niveau de maturité. On pourra tout de même reprocher à la franchise de jouer la carte de l'exploitation à tout prix. Nos écureuils chantant ne s'adressent qu'à ceux hauts comme trois pommes, mais même eux pourront trouver que la formule des animaux en GCI sur fond de prises de vues réelles s'épuise au fil des épisodes. Les producteurs ont beau essayer de renouveler le cadre des activités du groupe en nous proposant un mélange de La croisière s'amuse et Koh-Lanta, nous asséner les derniers tubes pop version voix de crécelle,
Alvin et les Chipmunks 3 rame quelque peu pour sortir la tête de l'eau.
Et même si on évite l'insupportable, le film de
Mike Mitchell (déjà capitaine du perméable
Shrek 4, il était une fin) paye le prix de son total manque d'inspiration. On prendra pour exemple l'incrustation hasardeuse du méchant de service Ian ou l'intrusion d'un personnage féminin ne faisant que masquer un récit presque dépourvu d'enjeux dramatiques piliers. Le changement de personnalité de Simon s'avérant un propulseur à gags un brin faiblard (en se référant aux bambins présents durant la projection ça n'était pas forcément le grosse poilade, loin de là), tandis que la prise de conscience d'Alvin envers ses responsabilités vis à vis de sa bande et Dave (
Jason Lee au fond du trou) ne constitue pas un conducteur émotionnel vraiment probant. Reste la prouesse des effets spéciaux… autant dire rien du tout.
Le moins « inspiré » des trois qui sent vraiment le désengagement créatif à tous les niveaux. Même les enfants pourront être déçus.