Après le remarqué Beaufort, Joseph Cedar est revenu cette année avec Footnote. Prix du scénario à Cannes.
Aussi enthousiasmant que fut le palmarès rendu par
Robert De Niro et son jury cannois, le résultat garde tout de même quelques gros points noirs. Le double Grand Prix accordé au Gamin au vélo et à
Il était une fois en Anatolie laissait déjà circonspect, celui du scénario attribué à
Footnote l'est encore plus. Franchement n'y avait-il pas plus méritant que cette comédie voulue cruelle signée du réalisateur de
Beaufort ? C'est à se demander si les votants n'ont pas confondu les intentions du film avec le résultat qui laisse sur un sérieux goût d'inachevé. Celui -là même qui parcourt Eliezer Shkolnik, philologue réputé qui n'a jamais eu la reconnaissance qu'il méritait. L'oeuvre de sa vie fut court-circuitée par un confrère plus chanceux et sa misanthropie ne lui a pas apporté que des amis dans le milieu. C'est pour cela que l'académie lui refuse chaque année la plus haute distinction de sa profession qu'il continue de convoiter invariablement. Si Eliezerl est méprisant avec les autres, il l'est encore plus envers son fils Uriel, chercheur lui aussi, dont il dénigre le travail et jalouse la réussite. Jusqu'au jour où enfin Eliezer reçoit la lettre de l'académie tant attendue. C'est alors qu'Uriel reçoit une convocation pour apprendre l'horrible nouvelle d'une erreur administrative : le courrier n'était pas destiné à son père mais à lui !

La situation permettait toutes les audaces et laissait un grand passage ouvert pour s'amuser de la bourde et de cet irascible grognon qu'est Eleizer... sauf que
Joseph Cedar maîtrise mieux l'aspect tragique de la relation filiale que son potentiel comique. Passé la caustique séquence en vase clos où Uriel apprend qu'il va devoir révéler la vérité à son paternel,
Footnote finit par se prendre très au sérieux. Beaucoup trop. Comme si cette scène - restant de loin le meilleur passage du film - n'était finalement qu'un rajout inscris en bas de page auquel fait référence le titre et indépendant du texte global que serait le script. Faussement animé d'une méchanceté piquante tirant dans le vide, le réalisateur s'empêtre alors dans un prêchi-prêcha de rancœurs non exprimées entre les deux hommes. L'inaction finit alors par mettre la patience à rude épreuve et laisse à leur sort les comédiens qui empêchent le navire de sombrer grâce à l'humanité se dégageant de leur personnage. Bien peu pour être retenu.
On aurait adoré rire de cette relation père/fils haineuse mais il faut avouer que l'absence de trivialité, le ton pesant et la finalité absconse se montrent un sérieux frein à la bonne volonté.