Personne ne l'avait vu venir mais Les Acacias a réussi à se frayer un chemin jusqu'a palmarès du Festival de Cannes.
Détenteur de la Caméra d'or du dernier Festival de Cannes,
Les Acacias méritait sans doute plus la Palme… du minimalisme. Si on occulte volontairement le récent
Buried qui repoussait dans ces derniers retranchements les limites du cinéma intimiste, ce road-movie fait figure de champion en la matière : un camionneur, une maman et son bébé à bord de l'habitacle du véhicule de ce premier sur la route de 1500 kilomètres qui va les mener d'Asuncion à Buenos Aires. Soit la quasi intégralité des 85 minutes que dure le premier long-métrage de
Pablo Giorgelli. En terme de mise en place, difficile de faire plus sobre. C'est ce qui fait toute la richesse de cette histoire d'amour non dite qui va se nouer au gré des escales de ce voyage, et en même temps, ce qui lui coûte le plus.
Car à dramaturgie minimale, enjeux minimums, qui se devinent assez tôt alors que la route promet d'être encore longue : Ruben le chauffeur solitaire bourru va s'attendrir en compagnie de sa passagère et de son petit bout de chou (qu'on croirait dirigé) et s'ouvrir progressivement à la sociabilité. Attendrissant grâce à une écriture et une direction d'acteurs tout en finesse,
Les Acacias pourra toucher par sa délicatesse d'approche et la sincérité des sentiments qui parcourent ce premier long-métrage de
Pablo Giorgelli (ce qui a dû jouer en sa faveur devant le jury cannois), comme il pourra faire somnoler d'ennuis les moins téméraires préférant se taper un petit somme en attendant d'arriver à destination.
Un road-movie dépouillé mais suffisamment touchant pour faire pardonner le minimalisme du dispositif cinématographique pouvant laisser parfois au bord de la route.