Un trip sur la lune, ca vous tente ? Cinema-France vous dit s'il faut embarquer pour faire partie du voyage.
On nous aurait menti. Apollo 17 ne serait pas le dernier voyage sur la lune organisée par La Nasa en 1972. Au contraire, la mission Apollo 18, soi-disant annulée pour des raisons budgétaires, aurait réellement eu lieu pour traquer des traces de vies extra-terrestres sur la planète. Les trois cosmonautes faisant partie du voyage intersidéral n'étant jamais revenus, cette théorie expliquerait pourquoi aucune tentative de retourner sur le sol lunaire n'ait été depuis mise en œuvre. Aujourd'hui, on nous dévoile enfin les images qui furent rapportées lors de cet ultime voyage. En un sens, les astronautes n'ont pas été déçus de leur excursion. Pour le spectateur, par contre, c'est une toute autre histoire.
Appolo 18 fait partie du sous-genre de film d'horreur, le « found footage » (faux documentaire), style initié en 1980 par le
Cannibal Holocaust de
Ruggero Deodato et non par le Projet Blair Witch (1999) comme peuvent le supposer les plus jeunes. Pour faire la nique à
Area 51 qui narre l'aventure de trois adolescents qui pénètrent dans une mystérieuse base de l'armée de l'air américaine,
Apollo 18 a été produit, réalisé et sorti sur les écrans à une vitesse record (trois mois). A la vue de l'objet cinématographique, on se dit que le projet (initialement prévu pour
Trevor Cawood, novice derrière la caméra mais expert en effet spéciaux – ceux de
Matrix Reloaded et
Matrix Revolutions, c'est lui !) aurait gagné à être travaillé un peu plus en profondeur. En effet, si le traitement de l'image est intéressant (le résultat n'est pas issu d'une seule caméra mais d'une multitude, fixes et mobiles, située sur les casques des astronautes, dans les modules lunaires…), il est vite répétitif et le zapping incessants des images virent rapidement au supplice, d'autant plus que, du point de vue scénaristique, il ne se passe pas grand-chose.
D'une durée d'à peine 75 minutes (si on fait abstraction du générique),
Apollo 18 joue habilement sur la théorie du complot spatiale américain mais manque cruellement de tension et de suspens pour un métrage qui se veut terrifiant (on sursaute à peine trois fois sur son siège) et fait directement référence à un chef-d'oeuvre du genre, Alien, le huitième passager. Pire : bourré d'invraisemblances et de situations aberrantes, le métrage devient intéressant lors des dix dernières minutes ce qui nous laisse indéniablement sur notre faim. Produit par
Timur Bekmambetov (réalisateur de
Night Watch et
Day Watch) et réalisé par l'Espagnol,
Gonzalo Lopez-Gallego (
Les Proies), Appolo 18 tourne vite au cauchemar pour les spectateurs mais pas pour les bonnes raisons.
Montage fatiguant et scénario élémentaire sans grande frayeur, Apollo 18 est, sans conteste, un voyage cinématographique dont vous pouvez vous passer.