Présenté à L'Etrange Festival de Paris et distribué directement en vidéo, Les Sept jours du Talion est un drame prenant qui traite de questions sensibles.
Que feriez-vous si vous retrouviez votre petite fille de huit ans morte suite à un viol barbare ? C'est la question de base que pose b>Les Sept jours du Talion, que
Daniel Grou (dit « Podz ») a adapté d'un roman de Patrick Sénécal. L'histoire suit Bruno Hamel, un chirurgien qui vit paisiblement avec sa femme et sa fille. Un jour, sa fille part vers l'école mais ne rentrera jamais : sur ses traces avec deux policiers, Bruno la retrouve morte, mutilée. Alors que le violeur est vite rattrapé par la police, Bruno va l'enlever le jour de son procès pour le torturer pendant sept jours, à l'issue desquels il l'abattra et se rendra à la police…
La loi du Talion est-elle justifiable même lorsque les intentions peuvent en paraître légitimes ? C'est également l'autre interrogation que pose ce film, aussi bouleversant que triste, qui nous fait poser la question quant à la réaction qui serait la nôtre en de telles circonstances tout comme il démontre les choses terribles qu'un homme, détruit psychologiquement, est capable de faire, quitte à devenir presque pire que la personne qu'il entend punir. Car oui, les actes que va commettre ce père de famille sont des plus barbares, et la mise en scène chirurgicale de
Daniel Grou est là pour en appuyer la violence. Déroulant son film sur un rythme assez lancinant et misant efficacement sur l'absence de musique pour instaurer une ambiance malsaine et dérangeante, le metteur en scène (dont c'est le premier long métrage pour le cinéma) fait admirablement monter la tension pour emporter le spectateur aux côtés de ce père désoeuvré qui va sombrer de plus en plus dans la perte de repères.
Poursuivi par un flic traumatisé depuis l'assassinat de sa femme, comprenant donc son désarroi, Bruno va être aveuglé par le sentiment de vengeance faisant ressortir sa part la plus sauvage, lui qui est considéré comme un homme habituellement calme. On traite donc ici aussi de la difficulté de faire le deuil après un drame aussi atroce, du sentiment de culpabilité (« pourquoi n'étais-je pas là ? ») tout comme on aborde la question plus qu'épineuse du traitement des délinquants sexuels, puisqu'il s'agit ici d'un récidiviste clamant lui-même : « Pourquoi de la violence ? J'en ai toujours eu dans ma vie et ça n'a rien réglé ! Il me faut un médecin ! », des propos qui seront diversement reçus… Quoiqu'il en soit,
Daniel Grou parvient parfaitement à exposer cette délicate situation sans le faire de façon manichéenne ou pompeuse, permettant au spectateur d'effectuer une réelle réflexion à l'issue du métrage. On n'oubliera pas de saluer la performance sur le fil du rasoir de
Claude Legault qui est pour beaucoup dans la réussite du film.
Drame à la fois triste et dur traitant d'un thème délicat, Les Sept jours du Talion est une œuvre prenante et réflexive.