Il est temps de clore la trilogie Millénium : le troisième et dernier volet apporte les révélations attendues.
Voici donc, peu de temps après
Millénium 2, la clôture de la saga
Millénium au cinéma avec ce
Millénium 3 directement adapté de La Reine dans le palais des courants d'air, que certains d'entre vous ont d'ailleurs déjà vu à la télévision en format « série ». Le passage du petit au grand écran a « coûté » une demi-heure à l'adaptation, mais ce n'est pas grave : le film se tient tout de même et ne souffre pas, comme le deuxième volet, de gros problème de rythme. Tout au plus pourrait-on lui reprocher de passer un peu trop vite parfois sur certains éléments : une connaissance préalable de l'histoire facilite grandement la compréhension.
Et c'est bien là que réside le problème central du film : ceux qui n'ont pas lu les livres seront sans doute surpris de l'enchaînement des scènes jusqu'à la révélation finale dans le procès pour récapituler toute l'histoire (les déductions et secrets sont levés de façon trop mécanique pour être crédibles), tandis que ceux qui les ont lu s'ennuieront probablement.
Millénium 3 est en effet construit comme un policier : on nous amène à la solution, mais de façon linéaire, sans s'attarder sur l'extérieur, ce qui rend le film quelque peu stérile pour celui qui connaît déjà le fin mot de l'histoire. Il faut dire que, si le scénario est une adaptation acceptable, la réalisation brille quant à elle par son absence : sans faire couler le film, elle tire tout de même le métrage vers le niveau du téléfilm – ce que les trois devaient être, après tout, au départ. Certes, nous sommes loin des horribles fautes de goût du deuxième volet, mais tout de même : un peu de relief, de vie n'auraient pas été de trop.
Précisons tout de même qu'à sa décharge,
Daniel Alfredson n'est pas seul responsable du manque d'énergie de son métrage : l'ambiance plan-plan et le jeu aussi peu inspiré des acteurs n'aide pas à améliorer les choses. Oui, même
Noomi Rapace, dont on nous rabat les oreilles et dont le talent est de plus en plus effacé : il n'est pas terriblement difficile de fixer un point sur le mur, même si c'est pendant 2h30. Cela n'arrange donc rien à la platitude des scènes, et ne nous encourage pas vraiment à nous sentir concerné.
Mais ne soyons pas inutilement tatillons : ce troisième film est indispensable pour qui a vu les deux premiers ; déjà pour se rassurer après le niveau catastrophique du dernier, ensuite et surtout pour clore correctement la trilogie. Sans atteindre le niveau honorable du premier volet,
Millénium 3 reste acceptable car il sait maintenir le rythme demandé – et sur 2h30 ce n'est tout de même pas rien – et soyons honnêtes, notre fibre paranoïaque se réveille face à cette histoire de complots, de manipulation pour raisons politiques.
Aussi peu inspiré que le 2, Millénium 3 est tout de même bien plus honorable et permet de clore sinon en beauté, du moins plutôt dignement, le pendant cinématographique de la trilogie.