Tout ce qui brille, le Grand Prix du Festival de L'Alpe d'Huez, débarque dans nos salles. Un premier film assez réussi.
Vous avez difficilement pu passer à côté de l'annonce de la sortie en salles du Grand Prix du Festival de L'Alpe d'Huez, entre des bandes-annonces tournant en boucle dans les salles mettant déjà en tête la chansonnette du film et un gros abattage promotionnel de ses deux actrices principales, très impliquées – ce que l'on comprend aisément pour
Géraldine Nakache, puisqu'elle signe là (en co-réalisation avec
Hervé Mimran, scénariste sur
Comme t'y es belle !) son premier long métrage en tant que metteur en scène.
Tout ce qui brille nous propose de suivre Ely et Lila, deux amies qui sont comme deux sœurs. Elles habitent la banlieue parisienne et rêvent d'une autre vie, fascinées par le milieu parisien et son strass. Se faufilant dans des soirées, elles vont essayer de pénétrer l'univers qu'elles aiment tant. Tout cela va apporter un gros lot de chamboulements dans leurs vies !
Pour un premier film, la co-réalisation de
Géraldine Nakache et
Hervé Mimran s'avère assez sympathique dans un paysage comique français trop souvent ronronnant, utilisant les mêmes recettes franchouillardes quand elles ne tombent pas dans la pure beauferie. A l'instar du récent
Le Mac, on y a ici quelques ambitions artistiques affichées en terme de mise en scène plutôt bien atteintes, les plans s'avérant la plupart du temps recherchés et soignés, assemblés à une bande originale plutôt pêchue qui donne un bon rythme au métrage. On y trouve également un scénario certes assez simple mais tenant parfaitement la route, faisant une analyse plutôt bonne des rapports humains et de ce que les ravages de la société de l'image entraînent sur eux, comme il se permet de piquer gentiment la superficialité du monde parisien « branché », prêt à faire des soirées complètement absurdes (il faut voir la soirée Hard Discount, qui est plutôt bien vue).
Tout ce qui brille impose donc
Géraldine Nakache comme une artiste intéressante à suivre, qu'on avait déjà pu remarquer dans
Kaamelott ou
Comme t'y es belle !, proposant ici une belle prestation d'actrice comme une jolie aptitude dans la mise en scène, pour ce film sans grandes prétentions qui tient ses promesses de gentil divertissement toujours tendre envers ses protagonistes (ici point de moqueries faciles mais quelques répliques savamment balancées) à mi-chemin entre l'enchantement et le désenchantement, faisant souvent poindre l'émotion avec assez de pudeur.
On aurait même pu parler de vrai bon film en se fondant sur les 75 premières minutes, de fort belle tenue, qui nous font alors grandement rager devant un dernier quart d'heure où nos deux réalisateurs semblent se sentir obligés de rétablir la situation vers un happy-end qui ne se justifie pas vraiment, délestant sérieusement le métrage de la force qui faisait la sienne, à savoir un regard sans trop de concessions sur ses personnages, capables de quelques bonnes bassesses et de moments de détresse, donc terriblement humains. Heureusement, le film se pare d'une interprétation au poil,
Géraldine Nakache étant superbement accompagnée de
Leïla Bekhti, qu'on avait déjà vue dans
Sheitan,
Mesrine : L'Instinct de mort ou encore
Un Prophète, mais aussi de
Virginie Ledoyen et
Linh Dan Pham parfaites en couple de lesbiennes bourgeoises, sans oublier de citer
Manu Payet, véritablement surprenant et démontrant des aptitudes qu'il n'avait pas encore dévoilées jusque là, capable d'effectuer une prestation sérieuse avec crédibilité.
Plutôt bien emballé et crédible, Tout ce qui brille est porté par des acteurs convaincants mais pêche par un final plus que maladroit. Vraiment dommage.