François Cluzet sombre dans la spirale du crime dans un film noir franchement pas exempt de faiblesses.
Il y a encore quelques jours, Maxime (
François Cluzet) était un citoyen ordinaire heureux et sans histoires. Propriétaire d'une concession de voitures de luxe, marié à une ravissante femme qu'il comble de bonheur dans un luxe ostensoir... Tout lui réussit, jusqu'au jour où son associé meurt dans un accident de la route et que débarque de mystérieux individus lui réclamant l'argent que son partenaire leur devait. Ne comprenant pas trop dans quel pétrin le défunt vient de le plonger, Maxime décide de faire appel à ses deux frères pour bousculer les quémandeurs, dans l'intention de leur faire oublier l'idée d'une dette à honorer. C'est à ce moment que la situation dérape dangereusement.
Blanc comme neige s'ouvre sur un travelling en contre-plongée total. Soudain la voix d'un homme parvient à nos oreilles, celle-là même de la personne étendue sur le sol une balle dans le ventre en pleine nature nordique. La dernière confession du mourant ? Flash-Back. Ouverture des plus classiques pour un film noir qui par la suite, restera scrupuleusement attaché aux ficelles du genre auquel il appartient. Car passée la délicieuse ironie de son titre (qui est totalement innocent dans une œuvre de ce type ?), le long-métrage se mue dans une stricte application des codes qui régissent la chute en avant d'un homme ordinaire placé dans un cycle infernal destructeur peu commun. Pour sa seconde réalisation depuis dix ans (il faut remonter à l'aube du 21ème siècle et le drame
Une Femme d'extérieur),
Christophe Blanc fait preuve d'une certaine paresse dans la confection d'une trame qui ne décolle jamais vraiment. Qui tout du long cherche continuellement une base de laquelle se propulser au-delà d'une mise en place d'enjeux dramatiques n'allant prendre qu'une vague forme construite à mi-parcours, pour ensuite se fourvoyer dans des incohérences trop flagrantes pour être totalement la conjugaison innocente de maladresses.
Le plus grand reproche qu'on peut faire à
Blanc comme neige n'est pas de manquer d'originalité (à la rigueur on s'en moque), c'est de mal appliquer la recette. Ainsi, cette mauvaise utilisation des ressorts policiers du script ne permet pas de croire une seule seconde au périple de
François Cluzet (par ailleurs impeccable) et de son entourage qui s'échine en vain à exister sur les bords d'un cadre ne leur laissant qu'une marge de manœuvre limitée. Sensiblement gênant lorsqu'on fait côtoyer des comédiens de la trempe d'
Olivier Gourmet,
Jonathan Zaccaï et
Bouli Lanners (dans son deuxième rôle au cinéma
Louise Bourgoin est à la traîne) dans un même suspense qui se regarde avec un profond détachement, tant la réalisation se montre aussi passive que mollassonne. Au final, beaucoup trop d'erreurs suspectes et condamnables pour se révéler au-dessus de tout reproche. Véritablement blanc comme neige ? Rien ne saurait être plus faux.
Tangiblement lacunaire à peu près à tous les échelons, Blanc comme neige finit par se regarder avec un désintérêt persistant. Pas assez raté pour susciter un quelconque émoi, pas assez bon pour ne pas se dire qu'on vient peut-être de perdre 1h35 de sa vie.