Votre fille/amie/sœur/cousine vit avec un égoïste, un macho, un imbécile ou un fou furieux et vous voulez mettre un terme à leur relation ? C'est très simple, faites appel aux services de L'Arnacoeur.
Alex est ce qu'on appelle un séducteur professionnel : il brise les couples sur demande avec l'aide de sa sœur et de son mari. Mais attention, l'équipe de choc a une éthique particulière : elle ne s'occupe que des ménages dans lesquels la femme s'avère être malheureuse. Alors comment expliquer le fait que l'équipe s'attèle à la lourde tâche de mettre un terme à une relation à dix jours de son mariage ?
A quand remonte la dernière comédie romantique française pour laquelle nous pouvons pu parler de réussite ? Parce que nous sommes souvent déçus par des scénarios sans consistance et dépourvus de charme, le cinéma français ne vaut pas mieux que son acolyte américain. Mais
L'Arnacoeur nous surprend agréablement : sur le modèle des anciennes comédies hollywoodiennes, on retrouve la rencontre imprévue entre la fille pleine aux as et le mec sans un sou. C'est le coup de foudre, les obstacles s'accumulent et personne ne parvient à déclarer sa flamme, tant le fossé qui les sépare est immense. D'autant plus qu'ici le futur de mari de Juliette est loin d'être un nul. Généreux, beau, gentil, on se sent presque coupable de vouloir que la jeune femme tombe amoureuse d'Alex. Un squelette narratif simpliste, déjà visité et revisité, mais qui a le mérite d'avoir une mécanique générale qui fonctionne plutôt bien et qui n'a pas la prétention de faire un film pseudo-intellectuel mais un divertissement sans forfanterie.
Qui a dit que seuls les scenarii alambiqués pouvaient donner du bon cinéma ?
L'Arnacoeur se révèle être une comédie romantique rafraîchissante rythmée, ponctuée de dialogues savoureux et de situations cocasses. Prêt à tout pour aller au bout de leur mission, le trio ne lésine pas sur les moyens employés.
Julie Ferrier est impeccable dans son rôle de femme caméléon tandis que
François Damiens s'impose comme un gag à lui tout seul.
Romain Duris élargit sa palette dramatique en se montrant franchement jubilatoire. Les mimes et subterfuges dont il use à répétition pour faire succomber les femmes dérident définitivement nos zygomatiques. Le métrage repose donc sur le rire, les gags s'enchaînant parfaitement bien sans aucune lourdeur. Mais la réussite de
L'Arnacoeur tient aussi de son charme : le film est servi par une
Vanessa Paradis lumineuse, le duo nous séduit tant par son côté glamour que par sa drôlerie. On pense notamment au mémorable hommage qui a été fait à
Dirty Dancing. Une trame générale usuelle certes, mais un rythme et des faits aussi surprenants qu'imprévisibles. On en redemanderait presque.
L'Arnacoeur peut se targuer d'avoir réussi son pari : celui de faire une comédie drôle et séduisante. Sans prétention, les acteurs s'imposent comme une évidence dans ce vaudeville des temps modernes.