Quand on n'est pas satisfait de sa vie, le mieux à faire c'est d'en changer… mais gare aux mauvaises surprises.
L'idée reçue comme quoi l'herbe serait plus verte chez le voisin a encore de beaux jours devant-elle. Prenez Dave, avocat marié à son boulot, à sa femme et à leurs deux enfants qui envie l'existence débridée et sans obligations de son ami d'enfance Mitch. Un wanabee acteur, séducteur et totalement infantile qui se met parfois à rêvasser d'un cocon familial douillet et d'une union monogame avec une femme affectueuse comme celle de Dave. Les deux hommes vont être servis lorsqu'après avoir fait le vœu d'échanger leur vie en urinant dans une fontaine publique (sous l'emprise de l'alcool il s'entend), vont se réveiller chacun dans le corps de l'autre. Et bien évidemment, tous les deux vont tout faire pour essayer de retrouver leur enveloppe charnelle initiale. Outre un argument fantastique pas franchement nouveau (mais susceptible de donner un peu de piquant), Echange Standard résume assez bien l'actuel embourbement thématique de la comédie américaine.

Bazardé pendant les fêtes de fin d'année par son distributeur français, le film de Dave Dobkin achève le cycle de 2011 où le genre ne se sera pas particulièrement distingué par son originalité thématique, ayant tourné essentiellement autour du sexe et d'une vision plutôt rétrograde ou finalement très conservatrice du couple et du mariage :
Sex Friends,
B.A.T. (bon à tirer),
Sexe entre amis,
(S)ex List,
Crazy, Stupid, Love… un peu répétitif tout cela. Que propose alors Echange Standard pour se distinguer de la masse ? Mis à part un humour allégrement porté sur une débauche grivoise (très contrôlée, il faut pas déconner) saupoudrée de quelques accents scatologiques, pas grand-chose en définitif. Comme nombre d'exemples cités plus haut son relâchement n'est qu'une excuse pour mieux retomber dans la glorification du couple hétérosexuel et conforme aux bons usages d'une société qui se respecte. Le chef de famille ne couchera pas avec sa jolie secrétaire (
Olivia Wilde continuant de faire dans la tapisserie) et le coureur de jupons trouvera la voie des responsabilités maritales. Bref, il manque un sérieux vent de folie dans
Echange Standard (ou de singularité à l'image de
Crazy, Stupid, love), production interchangeable avec n'importe quelle autre qui ne redore pas le blaze d'un
Ryan Reynolds indolore et d'un
Jason Bateman s'emprisonnant dans un type de rôle rébarbatif.
Echange standard est de ces comédies qui partent d'un pitch intéressant mais qui en restent là.