Un mariage qui rassemble le gratin de la comédie française : que demander de plus, si ce n'est un bon film ?
Bérengère et Vincent ont regroupé leurs deux familles afin de s'unir pour la vie dans un grand mariage. Deux familles bourgeoises qui respectent les traditions, et qui se donnent rendez-vous dans un petit village de campagne. Mais derrière ses sourires forcés se cache un sombre secret de famille que l'ensemble du « public » va découvrir avec surprise…
Très attendue, cette adaptation d'
Une Pièce Montée de
Blandine Le Callet arrive enfin au cinéma. Elle a tout pour réussir, avec notamment un casting brillant composé de
Julie Depardieu,
Clémence Poésy ou encore
Danielle Darrieux. Basé sur un livre qui a fait ses preuves grâce à son scénario grinçant, le film se découpe en trois parties. La première nous permet de rencontrer les deux familles particulièrement hautes en couleur, la mère stricte, la vieille fille ou encore la sœur lesbienne. Mine de rien, ce tableau peint par le réalisateur
Denys Granier-Deferre permet d'avoir des scènes extrêmement drôles qui vont jouer sur des clichés certes déjà vu, mais toujours sympathique à voir. On se reconnaitrait presque dans l'un d'eux et dans certaines situations. Tout commence donc bien, et au fil des minutes, les moments cultes s'enchainent, nous permettent cette fois-ci de découvrir les personnages secondaires,
Christophe Alévêque, Charlotte de Turckheim ou
Léa Drucker qui vont s'activer autour d'un mariage voué à l'échec total.
Mais les meilleurs moments sont ceux où
Jean-Pierre Marielle apparaît, en prêtre qui ne se refuse pas un petit verre de temps à autre et qui déteste les mariages. C'est beaucoup de travail, et le voir saborder celui de Bérengère et Vincent est un véritable régal et offre certainement au film ses meilleurs moments.
Pourtant, cette bonne ambiance dans la salle va très vite s'effriter dès lors que le film va entrer dans sa seconde partie. Vendu comme une comédie,
Pièce Montée n'en est finalement une que partiellement. Petit à petit, le scénario va toucher le fond avec des drames à n'en plus finir, des scènes de pleurs à foison et un rythme bancal, pas franchement aidé par une
Léa Drucker manquant cruellement de charisme. Pourtant, certains autres protagonistes vont tenter de ranimer la flamme, Charlotte de Turckheim d'abord, qui va très vite se rebeller contre sa mère tyrannique, puis
Danielle Darieux, ensuite, qui va révéler le terrible secret de famille qui plombera définitivement ce mariage « sous-haute-tension ». Notons tout de même la performance de
Dominique Lavanant en belle-mère affreuse à mourir de rire.
La troisième partie est pour ainsi dire bancale : parce qu'elle oscille entre humour et drame, on ne sait pas trop où la placer. Le fait que ce soit une adaptation y joue certainement pour beaucoup, notamment pour certaines scènes d'une incompréhension totale (mais que fait ce serpent hors de sa cage ?), comme l'arrivée dans un restaurant d'autoroute, qui n'ont pas beaucoup d'intérêt si ce n'est de nous convaincre du caractère horripilant de Christophe Alévèque. La fin, abrupte, ne devrait par ailleurs pas plaire à beaucoup de monde, laissant comme un gout d'inachevé à cette production inégale sur tous les points.
Sympathique dans son ensemble grâce à son casting et sa première partie très satisfaisante, Pièce Montée laisse toutefois perplexe en milieu et en fin de projection. Mais si vous voulez vous payer une bonne tranche de rire pendant plus de 45 minutes, vous avez là le candidat parfait.