Léa Fazer réunit devant sa caméra un casting imposant pour une chronique familiale sans saveur.
Après
Notre univers impitoyable,
Léa Fazer remet devant sa caméra le regretté
Jocelyn Quivrin pour ce qui sera – malheureusement pour lui – loin d'être sa meilleure prestation et le meilleur film dans lequel il ait joué… Il forme avec
Aïssa Maïga un jeune couple débordé, Sébastien et Clémentine, qui va en plus devoir accueillir chez eux la mère de Sébastien, Marie-France, celle-ci ayant appris l'infidélité de son mari, qui va avoir un enfant avec une jeune femme. Sébastien va devoir gérer l'intrusion de sa mère tout comme les péripéties de son père, qui va de nouveau être père… de son demi-frère !
Vous avez envie de voir une comédie chorale sous forme de chronique familiale clichetonneuse avec des acteurs en très mauvaise forme ? Et bien vous avez trouvé chaussure à votre pied avec
Ensemble c'est trop. Oui dit comme cela, ça peut sembler assez réducteur mais c'est pourtant malheureusement le constat objectif que l'on doit faire après le visionnage de cette œuvre. Le coup des rapports familiaux délicats a déjà été traité de nombreuses fois et avec plus de pertinence que dans cette pochade qui n'hésite pas à se vautrer dans l'embarrassant (la fête aux substances illicites étant la séquence la plus représentative) quant elle ne réduit pas ses personnages à l'état de ridicules pachydermes dans des situations vaudevillesques à l'extrême s'enchaînant sans inspiration jusqu'à saturation.
Le manque de finesse de l'étude sociologique est en plus accompagné par un défilé d'acteurs semblant se battre pour la palme de la plus mauvaise prestation, la plus évidente étant celle de
Nathalie Baye qui en fait des caisses en mère de famille pleurnicharde. Pour sa dernière apparition à l'écran,
Jocelyn Quivrin semble un peu perdu face à une
Aïssa Maïga étonnement lisse. On trouve avec eux
Pierre Arditi et
Jacques Weber, deux acteurs pourtant chevronnés qui sont ici à côté de la plaque, surjouant à outrance leurs personnages respectifs. L'unique rayon de soleil dans la distribution viendra de l'apparition d'
Eric Cantona, qui s'impose naturellement par sa carrure et son flegme.
Il faut bien sûr associer à ce naufrage la réalisatrice
Léa Fazer (
Bienvenue en Suisse et
Notre univers impitoyable n'étaient déjà pas des bijoux) qui propose un film platement mis en scène et à l'esthétique fade, qu'on aurait très bien pu voir apparaître directement un après-midi à la télévision tant on ressent un manque de soin sur ce plan-là, chose fâcheuse lorsqu'on à la chance / prétention de se présenter dans les salles obscures.
Des situations éculées, des acteurs en très petite forme, une réalisation fade. Effectivement tout ça mis ensemble, c'est trop.