Le réalisateur d'Entretien avec un vampire s'attaque aux sirènes, et Colin Farrell tombe sous le charme !
Retrouver une belle jeune femme dans ses filets lorsqu'on est pêcheur, il faut avouer que ce n'est pas commun ! C'est pourtant bien ce qui arrive à Syracuse, un homme séparé de son épouse qui essaye d'apporter tout son soutien à sa fille, handicapée devant se déplacer en fauteuil roulant à cause d'une insuffisance rénale. Cette dernière va alors lui raconter des histoires de sirènes et de femmes Selkies qui pourraient coller à cette « trouvaille », d'autant plus que la dame repêchée est bien mystérieuse. Celle-ci dit s'appeler
Ondine et va petit à petit se rapprocher de Syracuse et sa fille. Mais où est vraiment la vérité ? Eclatera-t-elle un jour ?
La dernière réalisation de
Neil Jordan remonte à 2007 avec le plutôt décevant
A vif, mais n'oublions pas ses oeuvres précédentes dont la plus marquante est sans conteste aux yeux du grand public
Entretien avec un vampire. Avec
Ondine, le metteur en scène parvient à brillamment instaurer son histoire en y insufflant la dose de mystère et de poésie adéquate pour brouiller les cartes et faire douter le spectateur quant à la nature de son personnage principal, séduisante et captivante comme doivent l'être les sirènes. Se plaçant idéalement entre fantastique effleuré et chronique familiale triste au sein de ce bout d'Irlande grisâtre,
Ondine prend le temps (peut-être un peu trop) de développer son intrigue et instaure une ambiance ouatée où naissent des émotions sincères (la petite fille qui veut y croire et le père qui s'attache) sans jamais tomber dans la mièvrerie.
La recette du film est donc bien construite et comporte ses petits moments de grâce, permettant à deux actrices de se révéler, avec en tête l'interprète d'
Ondine, à savoir
Alicja Bachleda-Curus (vue dans
Comme des voleurs (à l'Est)), qui possède ce charme à la fois discret et électrique parfait pour le rôle, mais aussi la jeune
Alison Barry, véritablement touchante en petite fille handicapée mais volontaire devant jongler entre deux parents pas très fiables (qui ont un rapport houleux avec l'alcool). Entre les deux,
Colin Farrell effectue sa prestation avec application même si l'impression de le voir un peu « en dedans » limite l'impact de certaines scènes.
Ondine est donc un film plutôt bien mené jusqu'au quart d'heure final qui choisit de livrer ses révélations à la va-vite et de tomber un peu dans des travers gênants où la finesse s'estompe grandement. Dommage, sans cela le film aurait pu prétendre à autre chose qu'à un statut de sympathique conte moderne qui se regarde gentiment.
Agréable conte moderne, Ondine est porté par des interprètes féminines remarquables. Dommage que le final soit bâclé…