L'autre Dumas, ou Alexandre Dumas et son autre… un film sur le célèbre duo littéraire qui nous donnera envie d'en savoir plus … ou pas…
De 1844 à 1851, Alexandre Dumas et Auguste Maquet vont connaître une étroite collaboration littéraire au sein de laquelle ce dernier se montre rapidement dépossédé de sa propriété intellectuelle. L'illustre écrivain jouit, quant à lui, d'une notoriété certaine et se livre allègrement aux batifolages extraconjugaux. Or, l'écriture à quatre mains devient rapidement source de conflit et de jalousie entre les deux hommes qui, malgré tout, ne peuvent se résoudre à faire cavalier seul. Mais lorsqu'Auguste Maquet rencontre Charlotte, une grande adepte de Dumas, c'est le coup de foudre. Et pour la conquérir, il n'a d'autre choix que de la laisser croire qu'il est celui qu'elle admire.
Comment vivre dans l'ombre d'un homme célèbre ? Telle est la question posée par
Safy Nebbou qui avait tous les éléments dramatiques en main pour poser un cadre solide au film, lui insuffler une force dramatique palpable. Comment expliquer alors ces presque deux heures d'ennui absolu ? La volonté du cinéaste tendait pourtant vers l'anticonformisme. Voulant éviter à tout prix de tomber dans le piège des films historiques soporifiques, le réalisateur prétend innover le genre en rendant la caméra plus « nerveuse », en évitant les plans larges de situation et en faisant abstraction d'un langage pédant. Toujours est-il que malgré ces intentions louables, le film ne parvient pas une seule fois à susciter notre intérêt, ni même une once de curiosité. L'anesthésie générale en somme. Les subterfuges techniques employés ne suffisent pas à rendre le film un tant soit peu intéressant. La faute à un scénario (issu de la pièce de théâtre Signé Dumas) injustement théâtralisé.

Les acteurs surjouent à l'extrême et discréditent les caractéristiques propres à l'œuvre cinématographique, tant et si bien que l'on se demande si l'on est bien dans une salle de cinéma. Si ce n'était que ça, on aurait pu s'en contenter et se concentrer sur la collaboration fusionnelle entre les deux protagonistes. Que nenni. Le scénario dépeint avec une banalité aberrante ce qui unit Dumas et Maquet sans plus s'attarder sur les péripéties rocambolesques censées rythmer le film, ni même alimenter le récit d'une dynamique dramatique. La dramaturgie est en berne et n'en finit jamais de décroître. Le risque d'une telle entreprise ne résidait pas tant sur le traitement visuel mais plutôt sur les choix scénaristiques qui auraient permis de mieux cerner les deux personnages à des moments clés de leur collaboration. Les bribes de vie choisies semblent aussi aléatoires qu'inutiles. L'histoire est sondée en surface et nous rend imperméable à toute émotion. Et nous pendant ce temps là on cherche un moyen de lutter contre le sommeil ; mieux, on cherche la sortie.
Safy Nebbou n'a pas su aller au bout de ses intentions. Le sujet ne suffit à pas à intéresser même le lecteur de Dumas le plus aguerri qui perdra surtout, avec ce film, tout l'intérêt qu'il pouvait porter à l'écrivain.