Encore un documentaire au cinéma et cette fois-ci, ce sont Jacques Perrin et Jacques Cluzaud qui s'y collent.
L'Océan. Une immensité bleue qui recèle bien des mystères. C'est au travers d'un documentaire de deux heures que deux réalisateurs vont nous entrainer au cœur d'un monde enfoui et encore inconnu pour la plupart des êtres humains. Un monde inexploré en somme, qui ne demande qu'à l'être. Ainsi commence votre aventure parmi les poissons et les mammifères en tous genres.
Vous avez déjà regardé les documentaires du matin sur France 5 ? Et ceux de l'après-midi aussi ? Non ? Vous vous êtes endormis devant ?
Océans, c'est un peu ça. L'écran de cinéma en plus. Il faut avouer que cela en jette pas mal et les séquences nous montrant cette eau pure et calme sont pour la plupart magnifiques. Mais finalement, ça ne va pas plus loin. Il manque d'ailleurs quelque chose à ce tableau fascinant : les commentaires. Tout juste a-t-on le droit à de brèves phrases laissées ici et là, permettant au spectateur de se raccrocher au fil conducteur de cette balade - que dis-je, cette berceuse qui nous endort doucement…
Entre les plans réels et les images de synthèse ou reconstituées, on en a pour son argent, mais le drame de cette fresque vient surtout du fait qu'il s'agit juste d'un documentaire animalier parmi tant d'autres. Certaines scènes sont somptueuses, notamment le Morse avec son bébé, le serrant dans ses bras, ou les petites tortues à la recherche d'une maison. D'autres touchantes, comme le montage effectué pour illustrer la mise à mort des dauphins et des baleines. Mais aussi et surtout des scènes ennuyeuses avec une musique ricanant dans nos tympans, un brin énervantes. La musique reste toutefois l'un des points forts car orchestrée par
Bruno Coulais, un gage de qualité donc.
Le fait de ne pas avoir de commentaires est un choix louable, mais au final, à part exploser la rétine, les images projetées à l'écran ne vont pas plus loin. On a du mal à saisir certains passages. De plus, la narration audio permet parfois d'augmenter l'émotion que l'on essaye de nous faire passer. On a pu le voir avec
Madonna dans
I am Because We Are, ou
Guillaume Canet dans
La Famille Suricate, ça marche agréablement bien. L'autre problème d'
Océans, c'est qu'il y a une insupportable morale. Morale que l'on avait déjà dans
Home d'ailleurs et qui semble être la marque de fabrique des documentaires au cinéma. L'impression d'être pris pour un idiot envahit le spectateur en fin de séance : pourquoi nous donner des leçons après de si belles images ?
Étrange, éprouvant et d'une beauté sidérante, Océans est un documentaire qui manque d'innovation. Bourré de longueurs mais doté d'images fascinantes, le film nous transporte dans un monde difficile à cerner, mais musicalement détonnant.