Les réalisateurs de Alien vs. Predator – Requiem remettent le couvert et on ne peut pas dire que il y a eu du progrès depuis.
ASSEZ ! Pardonnez cet élan colérique mais la coupe est pleine et ne devrait que déborder par la suite. De quoi parle-t-on ? Des films qu'on appelle désormais des « high concepts ». Ces productions de genre montées pour une bouchée de pain avec tournage à l'arrache, en numérique, comédiens inconnus (ou presque) et équipe technique extrêmement réduite, pour lesquelles des patrons de studios intéressés débloquent une juteuse enveloppe destinée à doter l'œuvre d'effets spéciaux dernier cri qui à eux seuls assureront ce qu'on nomme aujourd'hui le « buzz » auprès de la communauté internet, et donc le succès du film.
Ce qui était d'abord une prérogative pour des cinéastes ingénieux et sans le sou est rapidement devenu une aubaine commerciale et peu scrupuleuse pour engranger un maximum de fric avec un minimum d'investissement ou assurer d'un coup la popularité de son metteur en scène en quête de reconnaissance publique. Le tout récent
Monsters de
Gareth Edwards (pou lequel une large partie de la presse s'est fait une joie de crier au génie) pourrait être le dernier exemple à utiliser comme arme de contre-attaque. C'était sans compter sur le débarquement de
Skyline des frères Strause qui s'élève à un tout autre niveau d'arrivisme artistique et d'ânerie conceptuelle quasi abyssale.
C'est bien beau de vouloir surfer sur les triomphes de
Cloverfield, La Guerre des mondes et autre
Independance Day, seulement il ne suffit pas de mettre une poignée de personnes ordinaires face à une invasion extra-terrestre et d'envelopper le tout avec de jolis (pas tant que ça d'ailleurs) trucages numériques. Après avoir oublié d'engager un chef opérateur sur leur
Alien vs. Predator - Requiem, les réalisateurs ont omis que le cinéma ne se résumait pas en un défilé de pixels crée par ordinateur. En faisant d'un simple outil son principal acteur,
Skyline délaisse donc tous les autres composants pourtant essentiels à une bonne histoire. Et ce dans des proportions qui frisent le (contre)génie.
N'en déplaise à tous ceux qui s'affolent de joie devant juste deux/trois effets techniquement bien torchés, mais le cinéma c'est avant tout la narration d'une intrigue racontée en images susceptibles de provoquer une émotion chez le spectateur. Pour se faire il faut le minimum requis : des personnages avec un problème à résoudre en filigrane (ceux de
Skyline n'en ont pas), avant de se voir confronter à un problème extérieur face auquel il doivent avoir un rôle agissant (manque de bol ceux-ci passent leur temps à subir les évènements en se cachant dans un appartement pendant 95% du film) et un soupçon de psychologie fine (circulez, y a rien à voir).
Dès le premier quart d'heure on se fout complètement de cette invasion alien en manque de cervelle (au sens propre et figuré) tant les enjeux dramatiques de
Skyline sont d'une pauvreté incommensurable se justifiant par l'apport de la seule idée potable du récit qui survient dans les trente dernières secondes avant le générique de fin.
Aussi nul et bête qu'un Roland Emmerich mais sans les moyens financiers !