Il aura fallu quinze ans pour voir Tom Hanks repasser derrière la caméra depuis That Thing You Do ! Effectivement, Il n'est jamais trop tard.
On le sait la crise est là. On peut alors tenter d'en décrypter les causes à effets (
Capitalism : A Love Story,
Inside job,
Let's make money,
Cleveland contre Wall Street,
La Stratégie du choc…) et contribuer à la morosité ambiante. Ou bien, on peut choisir de défier l'état de dépression générale qui guette, de s'en moquer, de faire preuve d'optimisme en l'avenir, de se dire que le pire ne peut qu'amener le meilleur… Pour sa deuxième réalisation,
Tom Hanks opte pour cette solution et s'offre un petit antidépresseur qui met du baume au cœur.
A l'instar de l'œuvre d'un
Frank Capra (toutes proportions gardées) et dans la continuité du Terminal de
Steven Spielberg,
Il n'est jamais trop tard joue la carte de la comédie romantique et philanthrope jusqu'au bout des ongles. Peu importe si on a du mal à croire qu'un quinquagénaire bouffi (Hanks) et fraichement victime d'un licenciement économique puisse se reconstruire une toute nouvelle vie sur les bancs de la fac, ou qu'on ait du mal à avaler son intégration au sein d'une bande de motards en scooter, qu'il ait le soutien indéfectible de tous ses amis et voisins ou qu'il emballe sa prof d'expression orale en mal d'amour (
Julia Roberts). Car tout cela nourri une œuvrette qui balaie à sa porte toute invasion cynique.
La vie est (trop) belle (pour être vraie) dans
Il n'est jamais trop tard qui n'a d'autres ambitions que de redonner un peu d'espoir en vantant l'accomplissement personnel dans une Amérique idéalisée où toutes les opportunités peuvent être saisies. Alors oui,
Tom Hanks n'est pas un formaliste de première bourre (
That Thing You Do ! le démontrait déjà), l'ensemble s'avère bougrement prévisible et franchement pas impérissable. Il n'empêche que le charme des comédiens et la bonne humeur véhiculée permettent de passer un agréable moment le temps d'une projection. Et en ces temps de disette, ce n'est déjà pas si mal.
Pour sa deuxième réalisation, Tom Hanks signe un bon remède anti-crise qui tombe à point nommé. Un charmant petit moment de détente même si pas impérissable.