Michel Blanc traverse Une petite zone de turbulences au sein d'une famille quelque peu tourmentée.
Alfred Lot, qui nous avait laissé avec
La Chambre des morts, change de registre pour illustrer le scénario et les dialogues écrits par
Michel Blanc, celui-ci étant également acteur dans
Une petite zone de turbulences. Dans ce film, on y trouve donc Jean-Pierre (
Michel Blanc), fraîchement retraité, qui pense que la tâche apparue sur sa hanche n'est rien d'autre qu'une tumeur cancéreuse. Lorsque s'ajoute à cela sa fille qui annonce son mariage avec un homme qu'il n'apprécie pas vraiment, qu'il n'accepte toujours pas l'homosexualité de son fils et qu'il découvre en plus que sa femme le trompe avec un ami, ça en fait beaucoup pour cet homme hypocondriaque de nature. Les règlements de compte vont fuser…
Même s'il s'élève au-dessus de la qualité souvent affligeante des comédies françaises grâce à quelques passages sympathiques,
Une petite zone de turbulences reste tout de même assez anodin, ne proposant pas grand chose de neuf ou sous-exploitant les quelques idées intéressantes qu'il peut avoir. Bien sûr, le numéro de
Michel Blanc en hypocondriaque parano fonctionne plutôt bien dans l'ensemble, l'acteur évoluant ici en terrain connu, et sa plume de dialoguiste s'avérant parfois savoureuse, mais dans l'ensemble, les piques vachardes parsemées ça et là auraient pu être bien plus nombreuses afin d'apporter plus de rugosité à un métrage finalement assez prévisible. On y retrouve tout de même une description des rapports familiaux pas trop mal menée, même si l'histoire secondaire du fils n'était pas vraiment indispensable et n'est pas vraiment passionnante, par son aspect trop cliché.
Comme dans beaucoup de comédies bien de chez nous, on regrettera une mise en scène assez plate de la part d'
Alfred Lot là où quelque chose de plus tonique aurait pu mieux accompagner les quelques bons mots composant les dialogues du métrage, et ainsi mettre ce brin de folie malheureusement manquant dans l'ensemble. Du côté de l'interprétation, on reconnaîtra que les hommes sont les mieux servis,
Michel Blanc donc d'une part avec un rôle qu'il sait s'approprier mais également
Gilles Lellouche, impeccable en homme « moins con qu'il n'y paraît », là où
Miou-Miou et
Mélanie Doutey ont des rôles avec moins d'aspérités, donc moins marquants.
Une petite zone de turbulences arrachera donc quand même quelques rires, mais ne laissera pas grande trace dans les mémoires…
Moins corrosif qu'il n'aurait pu l'être, Une petite zone de turbulences reste en l'état une comédie assez anodine.