Le Siffleur ou 2 François Berléand pour le prix d'un. Une affaire ? Pas sûr !
Dans la grande famille du cinéma,
Philippe Lefebvre fait partie d'une micro-tribu où se croisent pêle-mêle
Guillaume Canet et
Gilles Lellouche (
Narco),
Olivier Dorand ,
Kad Merad et Olivier Baroux (
Pur Week-end,
Safari),
Eric & Ramzy (
Seuls Two)… Après avoir signé l'adaptation de
Ne le dis à personne, joué dans de bons films (
Le Premier jour du reste de ta vie) et leur contraire (les indéfendables
Les Randonneurs à Saint-Tropez,
Ce soir, je dors chez toi), l'acteur-scénariste a voulu saisir sa chance de devenir cinéaste en mettant en scène un premier film adapté du roman de
Laurent Chalumeau « Maurice le siffleur ». Drôle d'idée de vouloir réaliser à partir de ce livre à l'intrigue déjà bien maigre, un film d'une durée d'à peine 1h30. L'histoire d'Armand (
François Berléand), tranquille pré-retraité sans bravoure qui va s'inventer un frère jumeau maffieux pour terroriser l'entrepreneur immobilier véreux (
Thierry Lhermitte) qui tente de racheter son restaurant favori, aurait pu donner lieu à une comédie bon enfant si le jeune réalisateur avait su créer un univers personnel roulant sur des rails parallèles au roman. Face à un manque d'originalité évident, une solide réalisation, une direction d'acteurs irréprochable auraient pu faire illusion mais
Le Siffleur ne réunissant aucune de ses qualités, le résultat s'avère d'une platitude navrante.
Le film de
Philippe Lefebvre s'inscrit tout à fait dans la mouvance des films de distraction à la française actuels qui reflètent un manque d'ambition abyssal. Aussi,
Le Siffleur réussit tout au plus à nous arracher quelques sourires (très rares) grâce à des dialogues tentant d'imiter l'écriture jubilatoire de
Michel Audiard et le tempérament de certains acteurs (
Clémentine Célarié,
Fred Testot du « SAV » sur Canal+,
Virginie Efira).
François Berléand se contente, quant à lui, d'un cabotinage élégant tout en assurant le minimum syndical.
Sami Bouajila en petit truand ambitieux est, comme d'habitude, impeccable mais les raisons qui l'ont poussé à participer à une telle aventure restent obscures. A force de personnages caricaturaux et stéréotypés, d'un scénario qui se veut brillant mais se borne à multiplier inutilement les intrigues, d'une réalisation cheap et poussive,
Le Siffleur finit par lasser et la sympathie mesurée à laquelle il pouvait aspirer finit par se diluer dans sa propre insipidité. Totalement désuète, cette comédie pas très amusante, majoritairement co-produite par
EuropaCorp et
M6 (et minoritairement par quelques 400 internautes inconscients!!!) sonne comme un produit dont la désinvolture flagrante marque un certain mépris du public. A oublier !
En passant à la réalisation, Philippe Lefebvre rate complètement le coche malgré le talent de certains de ses comédiens, malheureusement en roue libre, et de rares dialogues qui fleurent bon le cinéma d'antan.