Avec leur dernier né, DreamWorks Animation se propose de changer l'image que nous avons des Dragons.
Harold est un viking chétif, peu assuré et maladroit rêvant de devenir un membre éminent de son clan de chasseurs de dragons qui le rejettent ou le méprisent. La capture inopportune du plus dangereux des spécimens des cracheurs de feu est l'occasion pour lui de redorer son blason. Pourtant, le garçon ne peut se résoudre à froidement exécuter la bête se révélant finalement plus docile et amicale que les enseignements de son peuple voulaient bien lui faire croire. A l'abri des regards intolérants, les deux compagnons apprennent à s'apprivoiser l'un / l'autre. Mais la guerre ancestrale entre hommes et dragons s'intensifie gravement, au risque de prendre une tournure dramatique pour chaque clan.
A priori, cette nouvelle production des studios
DreamWorks Animation ne présentait pas un grand intérêt dans la mesure où toutes les tares des films d'animations de la société de Jeffrey Katzenberg semblaient se répercuter mécaniquement dessus. Et force est de constater que cela est effectivement le cas. Du moins en partie. On n'échappe donc pas aux contingences commerciales d'un produit de masse où la technique (de grande qualité c'est certain) importe plus que l'originalité du récit, la personnalité d'un réalisateur défini (il est presque impossible de différencier les metteurs en scène derrière
Madagascar,
Gang de Requins,
Kung-Fu Panda…), ou la diffusion d'une vraie émotion qui ne soit pas commandée par des stimuli programmés. Quel que soit le contexte, (ici la culture médiévale celtique), c'est toujours un peu la même histoire qui nous est racontée dans un schéma scrupuleusement identique dans les grandes lignes.
Comme d'habitude, le héros de
Dragons est un incompris un peu bouffon mais attendrissant qui doit faire valoir sa différence et sa valeur cachée auprès de sa communauté pleine de préjugés (au choix : l'obésité de Po, la difformité des créatures de
Monstres contre Aliens, l'homosex… euh le goût pour la danse d'Alex le lion), et/ou xénophobe envers une autre classe désignée comme étant monstrueuse (l'ogre Shrek). Rien de bien novateur et de transcendantal à côté d'une concurrence (on ne dira pas laquelle vous avez saisi de qui il est fait mention) se remettant en question à chaque nouvel opus, tout en se positionnant sur une ligne fragile qui ne supporte pas la moindre marge d'erreur. A contrario d'Harold fricotant avec l'ennemi,
Dragons ne se risque pas à jouer avec le feu, à prendre à rebrousse-poil les attentes, ni à complexifier la psychologie des personnages afin de leur donner un fil d'épaisseur supplémentaire.
Or on ne touche pas le fond du catalogue, car l'objet, dégraissé au maximum de l'habituel humour référentiel (qui échoue la plupart du temps) et filant à toute vitesse, se regarde sans peine. Depuis Shrek 2, jamais un dessin animé labellisé DreamWorks n'aura fait preuve d'autant d'aptitude avec ses outils narratifs. L'introduction allant directement dans le vif du sujet, tout en faisant les présentations avec les principaux protagonistes en une poignée de minutes, en demeure la meilleure démonstration et une belle bande démo pour les scènes d'actions en 3D qui donne toute sa plus-value à
Dragons. S'il fallait donner une vraie seule raison pour conseiller d'aller le voir en salle, ce serait à coup sûr celle de profiter des séquences de vol, pensées pour être vues avec la trois dimension stéréoscopique (contrairement au
Alice aux Pays des Merveilles de
Tim Burton, à et tous les blockbusters rafistolés à la dernière minute à venir). Tellement convaincant qu'en 2D, la vision
Dragons paraitra vaine. A vous de voir si votre bourse mérite d'être délestée de quelques euros pour ça.
Passée une 3D qui fait son petit effet, Dragons ne propose pas grand' chose à se mettre sous la dent sinon les avantages d'un divertissement estampillé DreamWorks Animation avec un peu moins de défauts qu'à l'accoutumée. Appliqué mais pas bouleversant.