Envie d'une petite poussée d'adrénaline ? Quoi de mieux qu'une partie de Paintball ? Une partie hardcore ! Et ça sort directement en DVD...
Aussi rare que souvent mal exploité (on se souvient encore de la VanDammerie de
John Woo), le film de chasse à l'homme ne connaît qu'assez peu de notables exemples pour qu'on puisse en faire l'éloge. C'est donc avec plaisir découvert que Cinéma-France est enclin à proposer un tir d'ami pour évoquer le cas de ce
Paintball. On l'aura compris, il ne s'agit pas d'un récit sportif dévolu à cette pratique salissante de plus en plus populaire, mais bien à un survival dans la tradition du genre entre cinéma d'horreur et d'action tout droit venu d'Espagne et qui débarque chez nous par l'entremise du dvd. Ne perdons pas de temps à se déplorer une énième fois l'occultation d'une distribution en salles d'une œuvre non populaire qui le mérite plus que la moitié de ce qui sort dans le circuit hexagonal. Félicitons nous plutôt de pouvoir découvrir le long-métrage de
Daniel Benmayor dans des conditions optimales de la vidéo et applaudissons une fois de plus l'éditeur Wild Side Vidéo pour sa démarche.
Tout droit sorti de l'usine
Filmax (pratiquement toutes les bandes ibériques nous parvenant depuis dix ans, c'est eux),
Paintball suit une équipe de joueurs en route pour s'adonner à une partie clandestine se déroulant quelque part dans la végétation dense et isolée de la Russie. Après une entrée en matière impressionnante filmée en plan-séquence, qui nous plonge illico dans la fièvre guerrière touchant les participants (on est fébrile devant une fusillade où les balles sont factices c'est dire !), le film rentre dans le vif de son sujet avec l'intrusion d'un mystérieux tueur armé pour de vrai, et qui apparemment ignore tout de la règle du pouce. Voilà en gros pour l'histoire suivant ensuite le chemin balisé du « qui sera le prochain à mourir ? ». De ce côté là,
Paintball sent un petit peu le réchauffé. Ce sentiment ne se taris pas lorsque le réalisateur fait un mince étalage de ses références cinématographiques. L'inégalé et inégalable
Predator de
John McTiernan en tête. La comparaison s'arrête ici. Il faut d'ailleurs éviter de trop s'adonner au jeu des sept ressemblances, cela ne pourra que jouer en la défaveur de l'élève. Pour ne citer qu'un autre défaut, on dira que la caractérisation des personnages manque de ce trait sûr et rapide qui fait l'excellence empathique d'un
The Descent.
Paintball est une vraie série B qui possède une qualité faisant défaillance à 98% de la production française du même type : elle a de la gueule ! Dans sa tenue visuelle dont ce fameux plan séquence hérité du jeu vidéo auquel il est sans cesse fait référence de manière vidéoludique, au détour de plans à la première personne ou dans ce jeu de piste (les chassés doivent retrouver des mallettes contenant les éléments d'une arme qui doit leur assurer la victoire/survie). En cela
Paintball se rapproche énormément de
Les Proies de
Gonzalo Lopez-Gallego, sorti il y a un an et demi (toujours chez Wild Side), la limpidité du discours et un léger déséquilibre structurel au niveau du scénario en plus. L'acte du milieu aurait mérité d'être raccourci au profit du dernier méritant un développement plus long qui aurait augmenté le score de ce
Paintball de façon encore plus significative.
De la pure série B (avec ses qualités et ses limites), toute droit venue d'un pays qui n'a plus rien à prouver dans ce type de productions. Si le cinéma de genre français veut s'imposer dans ses propres frontières, c'est avec des films de ce calibre qu'il doit essayer de se rapprocher.