Real Steel de Shawn Levy prouve qu'une fausse adaptation peut cacher en fait un vrai remake. On nous aurait menti ?
Il est drôle de voir que
Real Steel avoue foncièrement son vague lien avec la nouvelle de
Richard Matheson (adaptée une première fois dans
La Quatrième dimension), alors qu'il ne fait absolument aucune mention de
Over the Top dont il se révèle pourtant le remake officieux. Au bout du compte, il n'a été retenu du court récit d'origine « Steel », que l'idée d'une société ayant interdit la pratique de la boxe chez les humains remplacés par des machines sophistiquées, et celle du modèle B-20 obsolète employé par un ancien sportif sur le déclin. Peu comparé à la reprise intégrale de la trame du nanar reaganien de Menahem Golan. Il a suffi de remplacer la compétition de bras de fer par celle du noble art et d'y inclure des androïdes et le tour est joué. Pour le reste c'est presque du pareil au même : un baroudeur légèrement loser sur les bords se voit confier la garde de son enfant suite aux décès de son ex-femme, avec des premiers contacts particulièrement difficiles. La glace finira par se briser au fur et à mesure des victoires de leur challenger, une vieille boîte de conserve dénichée dans une décharge, allant les conduire à participer au championnat suprême.

La différence entre les deux réside essentiellement dans le jeunisme prégnant de notre époque qui impose aujourd'hui à
Hugh Jackman (remplaçant
Sylvester Stallone) de devenir le simple faire-valoir de l'insupportable garçonnet
Dakota Goyo.
Real Steel se veut donc un spectacle familial clairement infantile, bouffant à tous les râteliers pour séduire son audience (les danses hip-hop), et défendant des valeurs morales aussi pompeuses qu'inculquées avec la finesse d'un bulldozer. Pas de quoi s'en étonner avec
Shawn Levy (
La Nuit au musée) aux commandes. Un metteur en scène n'ayant jamais su reproduire la dimension universelle du cinéma des années 80, censée être garantie par la présence probablement plus honorifique que décisive de
Steven Spielberg et
Robert Zemeckis derrière le projet. Usant de toutes les ficelles émotionnelles possibles et imaginables,
Real Steel n'a d'autres atouts que ses effets spéciaux rutilants et ses séquences de lutte mécanique percutantes pour convaincre de ses aptitudes. Tout cela est certes fort réussi mais inconsistant pour donner pleine satisfaction. L'unique moment d'intérêt du film réside au bout du compte dans une fugace parenthèse de poésie robotique où le B-20 reste figé, immobile dans les vestiaires, devant une glace où l'on semble entrevoir une once de conscience artificielle dans ses orbites fluorescentes. Hélas, le lyrisme de la scène est abandonné dans l'instant pour revenir aux dictats du drame sportif totalement neuneu.
Une version robotisée d'Over the Top et un blockbuster familial qui plaira surtout aux enfants de moins de 12 ans.