Dernier volet d'une très bonne trilogie, 1983 est indispensable pour comprendre l'histoire dans son ensemble.
The Red Riding Trilogy – 1983 conclue les années
1974 et
1980, après près de 5h de spectacle. Parce qu'on peut bien parler de spectacle, oui. Spectacle de la misère sociale, entr'aperçue dans les intérieurs sombres et les paysages miniers. De la dégradation des mœurs aussi, de la corruption de la police, toute puissante et pervertie. Nous revenons ici sur les événements de 1974 : cela fait 9 ans qu'on croit avoir enfermé le criminel, et voilà qu'une nouvelle petite fille disparaît, de la même façon que les autres.
Cette fois-ci, c'est
Anand Tucker qui prend les commandes ; il est le réalisateur du peu inspiré Shop Girl et du futur The
Danish Girl. Même si le sujet, le caractère frontal de la violence rapprochent ce nouveau volet du premier, la réalisation le rend plus… grandiloquent, presque, en tout cas plus sophistiqué, jusqu'à l'omniprésence de la musique qui gomme même les autres sons pendant les moments chargés. Il fait commencer le film avec une scène joyeuse, et une réunion de maîtres du monde qui portent un toast : « to the north, where we do what we want » (Au nord, où nous faisons ce que nous voulons), directe allusion à l'une des dernières phrases du premier volet.
Le ton est donc rapidement donné : les conspirateurs sont rassemblés, visage découvert. Le spectateur va en savoir un peu plus ; il est avec eux et non avec les ignorants comme pour les deux premiers volets. Il peut voir, en partie du moins, leurs machinations et reconstituer petit à petit le pourquoi du comment, resituer chacun dans l'organisation. Parallèlement, nous suivons un jeune homme étrange, pas réellement lié à l'histoire, du moins pas clairement, qui retrouve le fil vers la fin et permet un apport nouveau effectivement éclairant.
Si on retrouve bien les thèmes et personnages de
1974 et
1980, l'ambiance est différente, moins sombre. L'un des conspirateurs se retourne par exemple contre les autres, et la fin est bien plus positive que celle des volets précédents ; de plus, la préciosité de ton du réalisateur, qui s'applique parfois un peu trop à rendre son film esthétique, gâche un peu l'effet. Et si une enfant au milieu de plumes, c'est joli au ralenti, ça n'a pas vraiment sa place ici. Mais malgré cela, nous insistons là-dessus : même si
1983 est moins bon, même si chaque film a sa propre personnalité, ce n'est qu'ensemble qu'ils ont une réelle cohérence. Et l'on dira presque que c'est tout ou rien, finalement. Un dernier mot : rappelons que la trilogie, ou la tétralogie littéraire on ne sait pas trop, sera réadaptée en un seul film par Steve Zaillian pour
Ridley Scott.
Ce troisième et volet de la trilogie The Red Riding est moins bon que les précédents, mais presque indispensable pour pouvoir avoir une vision d'ensemble de l'histoire.