Luc Besson revient au cinéma dans un film fantastique et propulse l'ex-Miss Météo de Canal+ au plus haut.
Adèle Blanc-Sec est une aventurière ; elle écrit des romans de ses explorations dans des pays inconnus pour une France du début des années 1910. Alors qu'elle part pour l'Égypte dans le but de retrouver la momie d'un éminent docteur afin de sauver sa sœur, Adèle apprend qu'un ptérodactyle sème la panique à Paris. De retour de sa chasse au trésor d'une drôle de façon, la voici donc à la recherche de ce dinosaure revenu du Jurassique pour terroriser la France…
Alors, que vaut ce nouveau Besson ? Après un
Arthur 2 très décevant dans l'ensemble, ressemblant plus à une coquille vide qu'à un véritable film d'animation, l'on était en droit de se demander ce qu'était devenu le maitre du cinéma français. Celui qui nous avait fait rêver avec Le Cinquième Élément s'attarde aujourd'hui sur cette adaptation d'une bande dessinée française (s'il vous plait) qui fleurait bon le Hergé à l'époque. Son design façon Tintin avait amusé petits et grands et transporté tout ce beau monde dans un univers qui sentait l'aventure. Et comme dans toute adaptation, il est toujours bien difficile de faire du scénario un véritable bijou. Le film va donc mêler « Adèle et la Bête », premier tome de la série, et « Momies en Folie », le quatrième sans pour autant suivre les deux histoires à la lettre. Car oui, il y a bien un ptérodactyle à Paris, et quelques momies de surcroit, mais pas de meurtres à l'horizon.
Et pour interpréter notre enquêtrice de choc, c'est
Louise Bourgoin qui a été choisie. Et une chose est sure, c'est que depuis son triomphe dans
La Fille de Monaco, l'ex-Miss Météo savoure son succès en choisissant particulièrement bien ses réalisateurs : on la verra notamment en 2010 dans
L'Autre Monde de
Gilles Marchand. Mais aujourd'hui, c'est chez
Luc Besson qu'elle s'est installée, et elle s'amuse la jeune Louise, elle s'amuse à tel point qu'elle sauve le film d'un naufrage digne de celui du Titanic, car au-delà de son personnage principal qui rayonne et qui fait rire, on ne trouve pas grand' chose à garder.
On pourrait notamment critiquer l'essai raté du narrateur qui tente de nous présenter les différents protagonistes façon
Jean-Pierre Jeunet dans Amélie Poulain mais qui manque le coche. De peu certes, mais la voix off derrière n'était clairement pas des plus utiles. L'autre principal défaut, c'est que derrière cette route vers l'imaginaire, il semble que les responsables des effets numériques aient oublié d'enclencher quelque chose. Les créatures qu'Adèle croisera sur son chemin ne sont pas vraiment réalistes et manquent d'ambition. De même que cet humour sortant de la bouche des momies : c'est hors de propos et ça n'a pas sa place dans un film d'aventure. Le second degré et le cynisme de
Louise Bourgoin passent encore car c'est l'essence même du personnage, mais cette volonté d'apporter une touche grand public au film n'est pas des plus réjouissantes. Mais ce que maitrise
Luc Besson, c'est avant tout les univers dans lesquels il plonge, et avec Adèle Blanc-Sec, le vénérable réalisateur réussit ici un coup de maitre.
L'ambiance du début du siècle est fidèlement retranscrite, que ce soit dans les musées ou dans Paris : c'est un régal pour les yeux. On ne comprend pas pourquoi ce souci des détails n'a pas été développé plus amplement sur les monstres imaginaires du film. Celui-ci se consomme sans prise de tête, mais ne surprend pas. Il faut dire que le scénario n'ose pas s'éloigner des sentiers battus et préfère suivre un chemin classique sans prises de risque.
Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, c'est un peu comme Sidney Fox L'Aventurière : beaucoup moins bien que la trilogie Indiana Jones, mais toujours mieux que le quatrième opus.