On dit que le mariage est un des plus beaux moments de la vie. Happy Ever Afters, comédie un peu poussive, nous prouve le contraire.
Le réalisateur irlandais
Stephen Burke s'était pour l'instant illustré par ses documentaires politiques et sociaux pas très joyeux traitant du mouvement pour les droits civils dans l'Irlande du Nord des années 60 ou des grèves de la faim des membres de l'Ira au début des années 80. Aussi, il est étonnant qu'un tel réalisateur choisisse, pour sa première fiction, un film traitant du mariage en se revendiquant, par là-même, de la screwball comedy, sous-genre de la comédie hollywoodienne, dont l'apogée est certainement le
Certains l'aiment chaud de
Billy Wilder. Sans comparaison aucune (le film de
Billy Wilder faisait preuve d'une rigueur scénaristique à la mécanique humoristique parfaitement huilée),
Happy Ever Afters, passé un petit quart d'heure de planement durant lequel l'action et les nombreux personnages se mettent en place, réussit à distraire sans pour autant atteindre la grâce de films tel que
Quatre mariages et un enterrement de
Mike Newell auquel le film de
Stephen Burke fait inévitablement penser. Cependant, malgré de bons moments de pure comédie,
Happy Ever Afters s'avère quelque peu décevant, la faute à un scénario « flottant » où ni les personnages, ni les situations ne sont assez creusés.
Freddie (
Tom Riley dont on se souvient surtout pour son tout premier rôle dans
Quelques jours en septembre de
Santiago Amigorena) et Maura (
Sally Hawkins, Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie pour son interprétation dans
Be Happy de
Mike Leigh) se marient le même jour dans le même endroit. Tandis que le mariage de Maura n'est en fait qu'une histoire d'argent (un mariage blanc pour éviter au marié une reconduite à la frontière), celui de Freddie n'est qu'une valse d'hésitations puisqu'il se marie pour la seconde fois avec la même personne. Les circonstances vont vite faire tourner la situation au cauchemar tandis que les quiproquos, innombrables, vont s'enchaîner les uns aux autres pour se terminer dans un délire à la
Blake Edwards. Amoureuse pensant assister à un adultère, beau-père hystérique aux allures d' «armoire à glace» qui, à la moindre occasion, veut faire la peau de son beau-fils, mère possessive et abusive, jeune mariée qui s'affranchit et va se soûler dans un bar... tout se désorganise pour faire de ce jour d'allégresse, un énorme bordel où rien ne s'exécute comme prévu.
Happy Ever Afters n'est pas foncièrement mauvais. Certaines séquences sont mêmes jubilatoires dans leur folie extrémiste et font passer certains défauts tels que l'incongruité de certaines situations, l'humour potache de gags qui tombent systématiquement à plat ou encore des clichés qui, à eux seuls, suffiraient à construire le bâti d'un film. Cependant, bien que le métrage ne dépasse jamais la somme de ses parties, on y prend un certain plaisir à condition de s'y laisser lentement glisser en passant sur des invraisemblances inouïes qui semble nous répéter, qu'au fond, tout cela n'est pas sérieux du tout bien que le réalisateur, retrouve, en arrière fond, sa verve politique pour dresser un portrait peu reluisant des services de l'immigration irlandaise. Une fois le prologue passé, le film bénéficie d'un rythme de bonne tenue et
Sally Hawkins, agaçante dans
Be Happy, montre ici l'étendue de son talent d'actrice. Servi par un grand nombre de seconds rôles séduisants et porté par une énergie de tous les instants,
Happy Ever Afters ne s'en sort pas trop mal et, avouons le, dans le genre comédie matrimoniale, on a connu bien pire (le fumant
27 robes par exemple).
Malgré un certain nombre de défauts liés à des personnages fantomatiques ou à des situations peu rationnelles, Happy Ever Afters finit par séduire quand il tombe dans un délire clownesque, dans lequel Sally Hawkins se montre tout à fait à l'aise.