Après Undead, les frères Spiering reviennent avec Daybreakers, bande fantastique où il n'est pas bon d'être humain, ou même vampire d'ailleurs.
En 2019, les vampires sont devenus l'espèce dominante. La race humaine est réduite à du bétail dont le sang est la garantie du bon déroulement de la société. Mais les ressources s'épuisent dangereusement et les derniers spécimens en liberté se font de plus en plus rares. Après plusieurs échecs cuisants pour créer en laboratoire un substitut nourricier, Edward (
Ethan Hawke) doit se rendre à l'évidence lorsqu'il rencontre accidentellement un petit groupe de résistants : le remède se trouve moins dans la confection d'une hémoglobine synthétique que dans le retour à leur état originel de simple mortel. Il y va de la survie du monde.
S'étant fait une petite réputation grâce à leur Undead, un long-métrage de zombies à l'esprit très Z où transparaissait une certaine aptitude à tirer le meilleur d'un budget riquiqui, les frères Spiering reviennent avec
Daybreakers, production financièrement plus confortable (quoique pas pétée de thunes non plus) à la gestation plus longue que de raison. En effet, il aura fallu pas moins de trois années pour voir arriver l'objet dans nos salles. Faut-il craindre le pire comme avec le maudit
Wolfman ? Il est clair que l'univers mis en place par
Daybreakers est garant d'un énorme potentiel que les réalisateurs n'exploitent finalement qu'à moitié. Quelque part à la frontière de
Je suis une légende,
Bienvenue à Gattaca ,
True Blood… le film pose les solides bases d'une parabole politique critiquant ouvertement notre consumérisme de masse (ne sommes-nous pas d'incorrigibles et insatiables soiffards ?) et le capitalisme sauvage (représenté par le méchant de service
Sam Neill) suçant jusqu'à la moelle pour son seul profit toutes les ressources de Mère Nature sur le point de crier famine, et ce malgré la menace de désastres écologiques bien présents.
Rien de bien nouveau sous le soleil brûlant du cinéma de science-fiction. Surtout que la trame de
Daybreakers ne se détourne jamais des chemins balisés de la série B fantastique, jusqu'au final trop largement expédié, annonçant clairement les possibilités d'une séquelle (cinématographique ou télévisuelle). Personnages de situation faits sur-mesure pour le casting, esthétisme retro-futuriste glacé, scénario linéaire entrecoupé des scènes d'action d'usage partiellement rachitiques… En matière de spectaculaire, on a fait et vu beaucoup mieux par le passé. Pourtant
Daybreakers ne doit pas énormément rougir par rapport à la concurrence car les frangins lui injectent des qualités devenant trop rares dans la production d'aujourd'hui : l'honnêteté avec laquelle il assume son statut de petit divertissement (on se demande d'ailleurs comment il n'a pas terminé directement dans les bacs vidéo), qui n'essaye pas de se faire passer pour meilleur qu'il ne l'est, en allant à l'essentiel d'un discours dicté exclusivement au premier degré. On lui sera également gré de ne pas contribuer à l'actuelle campagne de juvénilisation de la figure du vampire, pour mieux s'accrocher aux vieux mythes (vieux mais toujours vifs) du nosferatu tout en les faisant évoluer dans un cadre scientifique correspondant aux attentes d'aujourd'hui.
Une honnête série B vampirique qui pêche par manque de moyens et de nouveauté dans les archétypes du genre qu'elle met en scène. Mais suffisamment respectueuse et méticuleusement appliquée pour divertir.