Sur la Planète 51, les humains n'ont qu'un œil et se nourrissent de cerveaux. Enfin, dans les films…
Le film commence avec une scène tout à fait traditionnelle où la nature des personnages, montrés à contre-jour, nous échappe : Eh oui, sur Planet 51, les héros sont les petits hommes verts. Et les humains, ils sont dans les films, ils ont un gros œil qui prend toute leur tête et ils peuvent contrôler les esprits. D'ailleurs, Humaniacs III, le retour des méchants humains qui viennent gober vos cerveaux, va bientôt sortir au cinéma, et est très attendu par une petite bande d'adolescents fans de films d'horreur. Vous l'aurez compris,
Planète 51 joue sur les ressemblances et différences : un monde très proche du nôtre mais qui s'en éloigne par quelques points, et c'est, comme souvent, de ce décalage que naît les possibilités de rire.

Au milieu de tout ça, un astronaute vient planter son drapeau américain sur le sol de la planète et se rend compte avec horreur que le monde qu'il venait coloniser est loin d'être vide, que ses habitants sont un peu agressifs envers lui, et que le petit robot envoyé il y a quelques années pour photographier les lieux est un peu trop intéressé par les cailloux pour avoir fait son boulot correctement. En plus, s'il ne se dépêche pas, son vaisseau partira sans lui et il se retrouvera coincé. Pour résumer, nous nous retrouvons donc avec un étranger inoffensif qui fait peur à tout le monde à cause d'une vision faussée inculquée depuis longtemps. La morale est évidente : il faut dépasser tout ça pour comprendre que même si nous semblons différents, nous sommes tous égaux et nous devons dépasser nos préjugés pour voir les vraies qualités des gens. Téléphoné ? Oui, un peu.
Mais déjà, c'est un dessin animé pour enfants ; et les messages métaphysiques n'y sont généralement pas légion. De plus, c'est fait sans que ce soit trop lourd ni trop appuyé, l'information nous étant présentée à travers l'histoire seule, sans aggravation par les dialogues.
Planète 51, production espagnole, a aussi un rythme solide et le bon goût d'éviter en toute occasion l'humour gras, la vulgarité et l'excessive agitation qui définissent souvent les animations – certes, pas les Pixar. Nous avons donc là une production honorable et bien agréable. En revanche, on regrette que la dernière partie ne soit pas aussi sympathique, qu'elle bascule à la limite de l'agaçant en s'éloignant du ton amusé du début.
Ce ton amusé est principalement dû au fait que
Planète 51 est clairement un hommage aux films de genre des années 50, mais réemploie aussi des classiques traditionnels (
2001,
Chantons sous la pluie) ; et si les petits ne reconnaîtront pas forcément le profil d'
Alien dans les « chiens » de ce nouveau monde, ils ne seront pas insensibles aux clins d'œil à
Star Wars, à
ET et surtout à
Wall-E dans une scène excellente. Bien mieux qu'une réutilisation gratuite, ces petites saynètes sont pour certaines de vrais moments de burlesque, pour d'autres une allusion toujours respectueuse bien intégrée dans l'histoire.
Sans présenter quoi que ce soit de réellement nouveau, Planète 51 reste un dessin animé frais, agréable et accessible aux plus petits comme aux plus grands.