Vincent Cassel visite le cinéma brésilien en étant au casting de A Deriva, présenté au dernier Festival de Cannes.
Filipa a 14 ans. Elle est jeune et jolie, et arrive à l'âge de la découverte des sentiments et de l'éveil sexuel. La vie de la jeune fille n'est pas des plus calmes, puisqu'elle découvre que son père a une relation adultérine avec une jeune américaine. L'ambiance ne va alors pas être au beau fixe dans la famille, sa mère se réfugiant régulièrement dans l'alcool. Autant dire que c'est un dur passage dans la vie de l'adolescente…
La première curiosité de
A Deriva, pour nous autres spectateurs français, est celle de voir
Vincent Cassel dans une production tournée en langue portugaise, et dans un rôle loin de l'exubérance de ces derniers personnages à l'écran. Et sa prestation est assez convaincante, en père à la fois désinvolte et affectueux, et montre encore une fois les grandes qualités d'interprétation de l'acteur caméléon. Mais il faut le dire, il n'est pas le centre du film, celui-ci nous réservant une belle révélation dans le premier rôle, celle de
Laura Neiva, parfaite en adolescente innocente, découvrant les quelques dures réalités de la vie. On suit alors avec curiosité le parcours de la jeune fille,
A Deriva réussissant a bien capter et restituer le grand sens d'observation dont savent faire preuve les adolescents, face aux problèmes qui les entourent.
Ainsi, si on a gagné une belle révélation et contemplé un casting performant conférant au film une réelle sincérité,
A Deriva ne dépasse le stade de la petite chronique familiale et sociétale pas follement originale, et pour laquelle le réalisateur
Heitor Dhalia livre une mise en scène sans grand relief et fait des choix de mise en image parfois superflus (pas mal de décadrages notamment). On se retrouve alors non pas devant un grand tourbillon déchirant, mais un petit ruisseau coulant trop tranquillement pour réellement enflammer son audience. « Les histoires d'amour finissent mal en général », on nous l'avait déjà dit en fait…
A Deriva se révèle être une chronique sans grande envergure, mais permet de voir à l'œuvre une vraie et belle révélation : la jeune Laura Neiva.