Dans Cowboys & envahisseurs, Indiana Jones et James Bond mettent de côté leur querelle pour courir après les E.T. belliqueux.
Marier deux univers aussi différents que le western (en plein revival cette année) avec les extra-terrestres envahisseurs (refaisant aussi une entrée fracassante dans les salles), peut s'avérer payant. A condition de ne pas se reposer uniquement sur les épaules d'un point de départ attrayant mais nécessitant un traitement sur la longueur. Malheureusement la dernière réalisation de
Jon Favreau – aux compétences surestimées depuis le carton d'
Iron Man – est le blockbuster estival typique qui applique une recette à la lettre sans se préoccuper de lui donner une saveur particulière.
Ça commence plutôt bien au cours d'une introduction où un inconnu (
Daniel Craig) se réveille au milieu de nulle part, blessé, complètement amnésique et attifé d'un étrange bracelet. Trois quidams exécutés froidement plus tard et une rencontre avec un prêtre adepte du rafistolage, voilà que notre homme sans nom (suspecté d'être un bandit de grand chemin) se querelle de nouveau avec les hommes d'un propriétaire terrien imposant sa loi dans la région (
Harrison Ford), et n'aimant pas qu'on défie son autorité. Il y a de l'électricité dans l'air, or celle-ci viendra non pas d'un affrontement entre les deux, mais d'une attaque d' E.T. agressifs kidnappant tous les humains disponibles sur le passage pour on ne sait quelle raison (en fait on en a déjà une nette idée).
Et patatras !
Cowboys & envahisseurs (tout est dans le titre) s'écroule comme un vieux soufflé posé au bord de la fenêtre. Le récit sacrifiant le potentiel fun du pitch et l'aura badass des personnages, pour se laisser porter tranquillement sur les rails d'une gentille petite guerre des mondes en plein Far West qui n'essaye même pas de surprendre son audience. En fait si, épisodiquement et de manière maladroite. En guise de consolation, on notera que
Jon Favreau tente de s'appliquer le plus possible, histoire de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'
Iron Man 2. En conséquence, le réalisateur ne se livre jamais à déborder abusivement d'une tonalité ancrée dans un premier degré léger. Trop léger toutefois pour bâtir sa promotion sur des références comme
Impitoyable. La comparaison étant hors sujet.
Plus proche de la décontraction d'un
Wild Wild West, la production de
Steven Spielberg pouvait facilement gagner en substance s'il s'était armé d'une trame moins linéaire, des personnages mieux croqués (dommage le casting avait de la gueule) et d'un vrai caractère qui l'aurait empêché de s'oublier illico après deux heures de désintérêt poli. On ne s'ennuie pas forcément, on ne s'amuse pas vraiment devant tout un lot de situations mille fois arpentées ailleurs et de façon plus frappante. Qu'il s'agisse de la partie western trop clean ou celle fantastique incluant quelques confrontations trop sages. Bref à l'Ouest rien de réellement nouveau.
Une idée originale implique de grandes responsabilités… que Jon Favreau se montre incapable de porter plus d'un premier quart d'heure intriguant qui s'essouffle par la suite. Il y avait pourtant matière à signer un divertissement un peu moins plat que celui-là.