Mécontent qu'on ait enlevé sa petite-fille, Nicolas Cage s'enfuit des enfers dans Hell Driver pour remettre les vivants dans le droit chemin.
Contrairement à la majorité des nanars et autres purges qui jonchent la carrière aussi éclectique que bordélique de
Nicolas Cage,
Hell Driver ne passe pas pour le pire, car celui-ci a au moins le mérite d'assumer complètement sa condition de film récréatif régressif et la bêtise joviale qui parsème son histoire délicieusement Z : évadé de l'enfer, un homme au volant d'un bolide infernal cherche à récupérer la progéniture de sa fille assassinée par un gourou sataniste prédicateur de l'apocalypse. Avec un tel pitch, on sait déjà qu'on ne vise pas l'Oscar de la subtilité. Alors si on rajoute aux fesses du héros un envoyé du diable cherchant à le ramener au bercail, qu'on lui octroie une jeune coéquipière de charme ayant du répondant (
Amber Heard, grrrr !) et une 3D de fête foraine en guise d'attraction technologique, la note d'intention est on ne peut plus claire. C'est donc avec le consentement requis du spectateur que le ton embraye d'entrée de jeu dans le second degré beauf, la violence graphique décomplexée et une vulgarité sans nom. Le tout revendiqué par sa vedette à la tignasse impayable et à la désinvolture irrésistible (« Pourquoi je devrais ne pas vous tuer ? » lui rétorque son accompagnatrice armée. « Je conduis » répond-il avec nonchalance).
Mais si une œuvre « grindhouse » comme
Machete nous a appris une chose, c'est que même une production dite volontairement foutraque se doit d'être construite avec un indéfectible sérieux duquel bénéficie n'importe quel autre titre de prestige. Un adage dont le tâcheron
Patrick Lussier - grand habitué du divertissement en forme de pétard mouillé – est loin d'en avoir fait une ligne de conduite à respecter. Incapable de signer un plan correct, le réalisateur de
Dracula 2001 et
Meurtres à la St Valentin 3D empilent les fautes de goûts visuelles (d'accord cela fait partie de la nature même du projet), annihilant sa volonté d'une ambiance 70's et supposée rageuse. Y compris lorsque la seconde moitié du récit se prend au sérieux de manière inconsciente et où l'argument du thriller sur le bitume façon
Mad Max ne tient ironiquement pas longtemps la route. Les belles carrosseries sont là (et pas que celles des voitures) or pour une course poursuite nerveuse, pleine de fureur et bien torchée il faudra repasser. Se revendiquer d'une attitude rock n' roll et badass ne signifie pas forcément qu'on l'est. Sauf ce sacré Nicolas qui n'est jamais aussi sympathique que lorsqu'il y va à fond les manettes dans le n'importe-nawak.
Amusant durant sa première moitié mais lassant par la suite, Hell Driver aurait pu être un attachant nanar si Patrick Lussier s'était montré aussi compétent dans sa fonction que l'est sa vedette en totale roue libre.