Gus Van Sant est venu présenter Restless, son nouveau film, en sélection officielle à Cannes dans la section Un Certain Regard.
Nous étions à la cérémonie d'ouverture de la section Un Certain Regard, présenté par un
Thierry Frémeaux endiablé donnant le micro à un
Gus Van Sant qui n'aime pas vraiment ça. Enfin passons et venons-en au film, beau s'il en est, qui démontre que le metteur en scène n'a pas perdu la main. Voilà qu'il nous transporte au côté de deux jeunes gens. Lui aime tout ce qui se rapproche à la mort, va aux enterrements d'inconnus et a comme ami un soldat japonais fantôme. Elle est atteinte d'un cancer qu'elle ne pourra pas battre. Ils se rencontrent et se rapprochent aussitôt mais comment cet amour pourra t'il vivre avec l'échéance de la mort à court terme ?
Restless s'avère être un film lumineux qui parviendrait presque à rendre la mort joyeuse. Assez grave sur le fond, il prend une forme optimiste qui enchante et évite soigneusement de tomber dans une quelconque description archétypale de l'ado suicidaire ou le larmoyant accompagnant souvent l'évocation d'une maladie comme le cancer. Ici, ingénieusement, il insère ses petites bribes d'humour décalé qui font mouches grâce à un script et des dialogues bien pensés et aussi beaucoup grâce à l'alchimie évidente qui se dégage du couple
Mia Wasikowska /
Henry Lee Hopper. Bien loin de son rôle d'
Alice au pays des merveilles dans le film de
Tim Burton, la première charme avec son petit regard espiègle dans son rôle compliqué de jeune femme devant accepter l'inévitable tandis que le second, fils de
Dennis Hopper (excusez du peu), s'avère avoir une vraie présence avec une gueule qui saura marquer les esprits. La caméra de
Gus Van Sant se veut ici aérienne pour mieux servir son propos et ses belles intentions réussies de mêler le grave et le joyeux dans un métrage comportant sa petite dose d'onirisme, semblant flotter dans l'air comme une petite bulle de savon prête à laisser échapper ses plus belles saveurs. On sort le cœur léger d'avoir pu visionner une histoire d'amour limpide, tout simplement.
Sur un thème grave, Gus Van Sant parvient à livrer une beau film lumineux porté par deux jeunes acteurs épatants.