Après le triomphe américain de Taken, Liam Neeson rempile dans le thriller musclé sous influence « Bournienne ».
Alors qu'il se rend à un congrès international à Berlin avec son épouse, le docteur Martin Harris est impliqué dans un grave accident de voiture. A son réveil, son esprit est encore troublé mais il n'a aucun doute sur son identité. A ceci près qu'il ne possède aucun document pour prouver qui il est, que sa femme nie le connaître et qu'un autre homme a pris sa place d'époux. Harris est-il devenu fou ou est-il la victime d'un complot ? Quand
Frantic rencontre Jason Bourne avec un soupçon de
L'homme qui en savait trop d'
Alfred Hitchcock : des références auxquelles ne peut se soustraire le thriller de
Jaume Collet-Serra qui ne ressort pas gagnant de la comparaison. Trop léger du côté action pour rivaliser avec l'espion amnésique, trop tarabiscoté au niveau de l'intrigue pour concurrencer le maître du suspense…
Du coup,
Sans identité surnage au milieu tant bien que mal, coincé dans un carcan totalement balisé, ne cherchant même pas à se construire un minimum de personnalité propre (ambiance urbaine grisâtre, montage serré… tout est fait pour se croire chez
Paul Greengrass), préférant de surcroît cultiver la ressemblance avec la concurrence. Ce qui est plutôt raccord avec le titre du film. La présence en tête d'affiche de
Liam Neeson ne change rien à l'affaire. Il faut dire que dans un rôle dans la veine de
Taken, le comédien semble autant s'ennuyer à rejouer la même chose que nous de le voir démêler un tissu scénaristique donnant l'impression de se tisser progressivement au gré des situations et des coups de théâtre engourdis. Si une fois achevé le puzzle se tient plus ou moins (en signe de bonne foi on fera l'impasse sur les nombreuses scènes téléphonées et les quelques invraisemblances d'usages), celui-ci est au final sacrément tiré par les cheveux. Quant aux seconds couteaux sans intérêt (
Diane Kruger,
Bruno Ganz,
Frank Langella), cela sent davantage la motivation pécuniaire que la conscience professionnelle et l'amour de l'art.
Sans identité est aux Jason Bourne ce que Flight Plan est à Panic Room : une copie carbone forcément peu inspirée et pâlichonne.