Des anges, des flingues, des possédés, des résistants et un Seigneur tout sauf miséricordieux sont le programme de Légion – L'Armée des anges.
A force de se détourner du droit chemin, il fallait bien qu'un jour l'Homme s'attire de nouveau les foudres divines. Et voilà que Dieu décide justement de rayer définitivement de la carte notre race de pauvres pêcheurs destructeurs. N'y a-t-il personne pour s'opposer à ce noir dessin ? Si, l'ange Michael qui, ne pouvant se résigner à réduire en cendres ce que son maître à crée, décide de protéger un petit groupe d'humains coincé dans un restaurant planté en plein désert. Spécialement, une serveuse enceinte d'un enfant (de père inconnu… pour le spectateur) susceptible de racheter nos fautes et d'apaiser la colère du Seigneur.
Avec ce type de récit apocalyptique biblique, il était fortement envisageable qu'un technicien américain de l'acabit de
Scott Stewart (énième spécialiste des effets spéciaux passé derrière la caméra) n'allait pas se gêner pour nous inonder de symbolique religieuse grosse comme une cathédrale. C'est très pesant, et il est difficile de faire preuve d'une bonne foi aveugle devant un prêche unilatéral pour un retour à une chrétienté pieuse et docile. Mais qu'importe la lourdeur du propos et son manque caractérisé de finesse scénaristique. Avouons-le, devant le pitch bis de
Légion – L'Armée des anges, il était clair que nous n'aurions pas droit à un cours de théologie détaillé, réfléchi et objectif. L'intérêt est tout autre, plus terre à terre, bestial, primaire. Tout ceux qui voudront voir le film le feront probablement pour une seule et unique raison : regarder des bataillons de créatures ailées équipés d'un arsenal digne d'un Schwarzy en guerre - période
Commando - se foutre sur la gueule durant cent minutes de siège au milieu de nulle part. La seule question méritant d'être posée reste donc : ce premier long-métrage se montre-t-il à la hauteur de ses (maigres) ambitions ? Non, ou si peu.
Parce qu'entre
Terminator,
Assaut,
Zombie (on en passe et des meilleurs),
Legion - l'Armée des anges perd trop de temps et d'énergie à cultiver les références sans pouvoir se hisser au niveau de ses modèles. Que ce soit en matière d'ampleur, de rythme, d'action…, faute de moyens (ne vous attendez pas à une déferlante d'archanges, il n'y en aura que deux en tout) et de compétences de mise en scène allant au-delà de la simple illustration tenue. Une disposition à diriger sa troupe de comédien n'aurait pas été un luxe pour
Scott Stewart laissant ses acteurs s'éparpiller dans des prestations inappropriées.
Paul Bettany est transparent pendant que des seconds couteaux d'habitudes solides (
Dennis Quaid,
Charles S. Dutton) ne semblent pas savoir ce qu'ils font dans cette galère, au milieu de partenaires interchangeables (
Tyrese Gibson,
Lucas Black,
Kevin Durand,
Adrianne Palicki…). Et encore cela n'est pas grande chose comparée au burlesque de certaines situations et de dialogues involontairement drôles (la séquence avec la mémé qui monte au plafond) qui parsèment cette modeste légion ne sachant pas si elle doit jouer à fond la carte du premier ou du second degré. En définitive, son plus gros problème c'est d'être trop sérieux… ou bien pas assez déconneur.
Scott Stewart connaît ses classiques, mais dans la pratique il fait davantage office d'élève plus ou moins appliqué que de pratiquant zélé. Reste à espérer que le réalisateur trouvera sa voie à l'occasion de Priest.