L'Agence est aux trousses d'Emily Blunt et Matt Damon dans le premier film de George Nolfi.
Le scénariste d'
Ocean's 12 et
La Mémoire dans la peau se lance dans la réalisation de son premier film et prend le pari d'adapter une courte nouvelle de
Philip K. Dick.
L'Agence est une nouvelle preuve qu'il n'est pas évident d'étirer une histoire à la base concise au coeur d'un long métrage de fiction sans donner l'impression de mouliner par moments dans la semoule ou de broder pour remplir les vides.
L'Agence nous fait suivre un jeune homme politique à la carrière prometteuse qui fait la rencontre fortuite d'une femme dont il tombe instantanément amoureux, et qu'il compte bien revoir pour vivre une histoire d'amour. Mais ce n'est pas ce qu'ont prévu des hommes mystérieux qui débarquent dans sa vie en lui expliquant qu'ils sont là pour exécuter le « plan » du « grand patron ». Ceux-ci vont tout faire pour les séparer mais seront confronté à la détermination sans failles dudit homme.
Prévu pour sortir en 2010,
L'Agence aura été gentiment repoussé de plusieurs mois. Le genre de choses qui devrait mettre la puce à l'oreille et pourtant tout cela pouvait paraître intrigant. Même si transposer à l'écran l'univers de
Philip K. Dick n'est jamais chose aisée on pouvait espérer voir débarquer un film de science-fiction un tant soi peu palpitant sur nos écrans. On doit pourtant constater que non,
L'Agence ne l'est pas tellement. Écrite par
George Nolfi lui-même, l'adaptation tourne en rond et donne au film des séquences qui s'étirent inutilement quand elles ne se répètent pas. Éludant l'atmosphère paranoïaque au profit d'une amourette sans grand relief et simplifiant la thématique du libre-arbitre, le nouveau réalisateur perd le gros potentiel de son film pour ne livrer qu'une oeuvre qui hésite trop entre le mystère enveloppant la fameuse Agence et une volonté d'action maladroite qui ne consiste finalement qu'à une succession d'ouverture de portes.
On a vu plus dynamique et captivant, et on est donc loin du chef d'œuvre car tout y est trop tiède, sans passion, comme un produit commercial qui ne voudrait pas faire de vagues même si son duo d'acteurs principaux est appliqué à défaut d'être transcendant.
Emily Blunt sait jouer de son charme naturel et de sa simplicité de jeu là où
Matt Damon fait jouer sa carrure et sa bouille pour rendre crédible son personnage. L'apparition sympathique de
Terence Stamp fait effet quelques minutes mais on se rend vite compte que sa partition est trop restreinte tout comme celle de ses « collègues » de l'Agence qui n'apparaissent pas assez charismatique pour susciter le fantasme. On aurait aimé aimer
L'Agence, mais las on doit constater que tout cela manque cruellement d'audace et de cohésion pour maintenir l'intérêt.
Film de science-fiction assez tiède, L'Agence était un pari risqué pour une première réalisation de la part de George Nolfi. Pas vraiment relevé.