Steve Martin reprend la figure de l’inspecteur Clouseau, immortalisée par Peter Sellers et Blake Edwards, pour cette adaptation de La Panthère Rose.
En 2006, le français le plus idiot et le plus connu mondialement est de retour après des années d’absence. Malgré sa carrière musicale internationale, il ne s’agit pas du retour de Jordi derrière les micros mais bien de l’inspecteur Clouseau. Stoppée en 1993 par
Le fils de la Panthère Rose interprété par
Roberto Benigni, la série est rentrée dans la légende grâce à l’interprétation de
Peter Sellers et la réalisation de
Blake Edwards. L’histoire servant de prétexte est la suivante : Yves Gluant, célèbre sélectionneur de l’équipe de France est tué suite à la victoire de son équipe face à la Chine en demi-finale de la Coupe du Monde (la Chine en demi de la Coupe du Monde, le football n’est vraiment pas la spécialité des scénaristes américains…).
La Panthère Rose, célèbre diamant que portait Gluant, disparaît à cette occasion. Pour se mettre en avant, l’inspecteur chef Dreyfus décide faire appel au plus indigne des représentants de la police, Clouseau. Ce dernier se voit attribuer un chauffeur, le gendarme Gilbert Ponton. Trois ou quatre rebondissements, une dizaine de parodies de noms français prononcés et un beau rôle de potiche pour
Beyoncé Knowles après, un récit sans grande importance s’achève. Avec une pure histoire prétexte qui s’assume, le scénario de
Len Blum et
Steve Martin fait dans l’efficace et ne s’embarrasse pas d’intrigues qui pourraient nuire à l’humour. Il garde l’esprit de son modèle, en mettant en avant le comique de situation et la gestuelle de son acteur plutôt que les jeux de mots, tout de même assez présents.
Le tout retient donc sur l’humour. Comment passer après
Sellers, un génie comique, et
Edwards, l’un des meilleurs réalisateurs de comédie ? Pour ce dernier,
Shawn Levy, réalisateur du premier
Treize à la douzaine, ne fait pas le poids. Le long plan-séquence qu’affectionnait le modèle n’est plus présent et la mise en scène est transparente, aucun effet ne soulignant certaines scènes (il est loin le temps des combats au ralenti entre Clouseau et Kato dans les premiers films). Ne reste alors que le casting pour tenir à lui seul la comédie, ce qu’il réussit miraculeusement. On sent chez
Steve Martin, acteur et co-scénariste, un respect immense pour son prédécesseur. Son interprétation de l’inspecteur benêt est impeccable, ne réagissant jamais à ses propres bourdes et parlant avec un superbe accent français. Il est accompagné par
Jean Reno et
Kevin Kline, tous les deux à leur aise. Gardant l’esprit original de l’esprit de la franchise,
La Panthère Rose fait dans l’absurde outrancier sans se soucier d’autre chose que de faire rire le spectateur. C’est une telle déferlante de blagues que, même si elles ne font pas toutes mouche, il est difficile de ne pas en trouver quelques unes à son goût.
Steve Martin semble s’être fait plaisir, tant au niveau du scénario que de l’interprétation, en donnant une âme au film. Le reste du casting suit cette dynamique et reste inflexible face aux pires situations. Il n’y a qu’à voir le sérieux avec lequel
Reno et
Martin exécutent l’une des danses les plus ridicules de l’histoire. D’abord en demi-teinte face à son collègue américain, notre frenchie se lâche ensuite et effectue quelques pas de haut niveau. C’est sûr, faute de réalisation et puisque
Steve Martin n’est pas
Peter Sellers, on est loin de l’original au final, mais
La Panthère Rose est un film simple où l’on rit plus que dans la plupart des comédies actuelles. Que demander de plus ? La Panthère Rose, sans se hisser au niveau de son modèle, est assurément un bon moment de divertissement offert par un Steve Martin inspiré.