Deux mois à peine après Le Flingueur, Jason Statham revient dans les salles françaises avec le londonien Blitz.
Dans
Le Flingueur,
Jason Statham se faisait le remplaçant de
Charles Bronso. Dans
Blitz, c'est carrément la place de L'inspecteur Harry qu'il squatte en défenseur de la loi et de l'ordre qui ne prend pas de pincettes avec la racaille.
Clint Eastwood avait son Magnum 44., le cockney anglais a sa crosse de cricket. Tout est affaire de style. Et de style, le chef d'orchestre
Elliott Lester en manque cruellement quand il s'agit d'illustrer la traque d'un tueur de flics psychopathe cachant une sombre vengeance. Plus poussif que véritablement efficace,
Blitz ne fait pas dans la dentelle et ce n'est pas ce qu'on lui demande de toute façon. En revanche, on aurait apprécié un récit qui se tienne à aller jusqu'au bout de ses intentions.
Car à trop s'éparpiller inutilement dans tous les sens, souvent dans des sous-intrigues stériles et des seconds rôles superflus (la fliquette junkie qui dramatiquement ne sert à rien), l'enquête piétine et
Blitz perd de vue son objectif principal. A savoir, apporter les prémices d'une réflexion sur l'emploi de la manière forte face à une délinquance incontrôlable qui n'hésite plus à s'attaquer aux défenseurs de la société civilisée. Mais au final, ce qu'on pouvait prendre pour une mise en garde contre les excès musclés de la police, s'avère n'être qu'une justification partisane de la loi du Talion. A moins qu'il s'agisse du contraire, le récit se montrant beaucoup trop lâche pour pencher vers une idéologie claire. Quitte à passer pour un pamphlet réactionnaire et fasciste autant y aller à fond. Reste un petit thriller qui se regarde passivement grâce au toujours charismatique
Jason Statham.
« It's cop-killer versus killer cop » scande l'affiche de Blitz. L'argument de vente était alléchant mais dans les faits le résultat est plutôt brouillon et moins badass que prévu.