Le gratin du cinéma français s'est donné rendez-vous sur les Bancs Publics installés par Bruno Podalydès.
Mis à part quelques absents notables on pourrait facilement croire que c'est toute la crème du cinéma français qui a aimablement répondu d'une seule voix à l'invitation de
Bruno Podalydès afin de prendre place sur son
Bancs publics (Versailles rive droite). Peut-être pas tous les comédiens et comédiennes réputés de l'hexagone, mais à bien y regarder il n'en manque pas tant que cela : un
Gérard Depardieu par ici, une
Isabelle Huppert par là, un
Jean-Pierre Marielle derrière (pouvant presque être crédité, il est cité au détour d'une réplique), une
Sandrine Bonnaire devant etc.
Quoiqu'il en soit, c'est une bien jolie troupe que voilà, forcément réunie sous une même caméra, sous les mêmes feux des projecteurs pour les besoins d'un film choral où les habitants et habitués d'un quartier de Versailles ayant pour centre un parc public, le temps d'une journée, gravitent autour, vaguent à leurs occupations rituelles ; où des connaissances et des inconnus se croisent et s'entrecroisent, communiquent et s'évitent, comme tout bon microcosme social d'un un long-métrage de ce type porté par un mince fil rouge, au bout du compte illusoire. L'important de
Bancs publics (Versailles rive droite) n'est pas de connaître l'identité du personnage qui a suspendu une bannière « HOMME SEUL » sous sa fenêtre et dont l'énigmatique finalité du geste dérange à elle seule la dynamique d'une société trônant sur le trottoir d'en face, jusqu'à celle d'un magasin d'intérieur et de bricolage situé un peu plus loin.
En effet, l'essentiel demeure l'interaction des êtres (dé)connectés entre eux par les engrenages du quotidien et les rouages occasionnellement mal huilés du destin. En observer les turpitudes et les allégresses, et s'en amuser avec complicité quand le ridicule des situations aussi banales qu'exagérément absurdes, vient se poser aux côtés des bons mots et des aléas de la solitude du cœur de ses initiateurs. Objet central de
Bancs publics (Versailles rive droite) au milieu d'une caricature du monde de l'entreprise et mille et uns autres sujets rapidement (s)abordés, faute de pouvoir les intégrer au déplacement continu d'un scénario plein d'entrain et de légèreté débonnaire, n'ayant d'égale que sa douce frivolité. Car passée la projection, il ne reste que le souvenir fugace et enjoué d'une observation de ses contemporains confortablement faite au fond de notre fauteuil, seulement le temps qu'elle a duré. Ce qui est déjà franchement pas si mal pour une œuvre tentant de cultiver une fibre populaire, une exigence d'auteur et quelques bon numéros d'acteurs (pas tous) à pleinement savourer. Avec un défilé de sommités du septième art pareilles, cela aurait été une honte si tel n'avait pas été le cas.
Avec ses hauts et ses bas, ses faiblesses et ses points forts, Bruno Podalydès orchestre une farce amusante - parfois irrésistible, parfois anecdotique - sur le vague à l'âme affectif du commun des mortels, avec le soutien d'un imposant casting. Sans doute un peu trop.