Au vu de la consternation générale de la presse à la sortie de la projo de Dream House, absolument personne ne s'attendait à tomber nez à nez avec l'une des pires sorties ciné de l'année.
Chef de famille heureux et comblé, Will Atenton voit sa vie basculer après avoir emménagé dans une nouvelle demeure dont il n'apprend que tardivement l'horrible vérité. Son doux foyer a autrefois été le théâtre d'une abominable scène de crime. L'ancien propriétaire, Peter Ward est suspecté d'y avoir sauvagement assassiné sa femme et ses deux enfants avant d'être jugé fou et enfermé dans une institution psychiatrique de laquelle il serait sorti récemment. On évitera volontairement de s'aventurer au-delà dans les rebondissements scénaristiques de
Dream House. Moins pour éviter d'en dénaturer le suspense ou la surprise générale (largement éventés par une campagne promotionnelle complètement à la ramasse), que pour ne pas trop tourner en ridicule l'évolution d'une intrigue de prime abord archi évidente, qui bascule en un clin d'œil dans le grotesque outrancier.
Thriller schizophrénique, romance fantomatique et drame familial… tous les moyens (et les genres) sont bons pour essayer de se donner un peu de densité, mais
Dream House se repose sur deux twists extrêmement bancals que le film essaye de nous faire avaler à l'aide d'une pelle avec un premier degré embarrassant. Un semblant de subtilité ou de dérision lui aurait permis de ne pas se payer une étiquette de naveton humiliant pour la carrière de tous ses collaborateurs :
Daniel Craig risque fortement de concourir pour le Razzie Award du plus mauvais acteur (heureusement le
David Fincher devrait invariablement rehausser sa côte),
Rachel Weisz ne prend aucun risque, Noami Watts semble se demander ce qu'elle fiche ici (qu'elle se rassure nous aussi), et
Jim Sheridan persiste et signe dans ce qu'il faut bien appeler une lamentable régression artistique agencée depuis
Réussir Ou Mourir. Le bon côté de la chose, c'est que le réalisateur d'
Au nom du père ne peut pas tomber plus bas (enfin tout est possible) qu'avec cette catastrophe cinématographique ambulante pour laquelle personne n'a d'évidence pris le soin de vérifier la cohérence globale. Ce qui est certain c'est qu'on n'a pas fini de se demander comment elle a pu s'attirer les faveurs d'un casting aussi bankable ? Mieux vaut ne pas savoir.
Jim Sheridan change de registre… et se vautre royalement dans un inattendu navet de luxe qui ferait presque office de cinquième Scary Movie s'il n'était pas persuadé du sérieux de sa bêtise. Impressionnant.