Le cinéma de genre français revient à l'assaut avec un fier représentant nommé Vertige !
Depuis quelques temps, de jeunes réalisateurs français s'essayent à produire des films de genre dans notre pays, avec plus ou moins de réussite. En voilà un nouveau représentant, et pas le plus mauvais, avec
Vertige, première réalisation d'Abel Ferry. Nous voici dès l'entame du film collés aux basques d'un groupe de cinq jeunes adultes, en route vers une randonnée (plus précisément une via ferrata), au cœur de la Croatie. Arrivés sur place, ils se rendent compte que la via est fermée, mais en écoutant le plus « alpiniste » du lot, ils décident tout de même de s'y engager. Ce qui va évidemment être une belle erreur.
Comme vous pouvez vous en apercevoir, le scénario n'a rien de bien original, suivant les sentiers battus du genre. Mais
Abel Ferry parvient à faire bonifier son histoire par un enchaînement de scènes tout à fait crédibles, sur un rythme soutenu tout au long de ses 85 minutes. Le metteur en scène livre une première partie de film de très haute tenue, avec la montagne érigée en personnage principal, par des cadrages très bien choisis, nous faisant souvent ressentir le vertige clamé par le titre. On suit alors nos protagonistes de près, grâce à une caméra aux mouvements fluides et amples. Alors qu'ils sont pris au piège de leur imprudence, la tension monte à leurs côtés, soutenue par une musique inspirée, n'en faisant jamais trop. Quelque peu décontenançant de prime abord, la seconde partie nous réserve une surprise sous forme de gros rebondissement qui s'avère finalement assez bien gérée,
Abel Ferry nous livrant alors un véritable combat où le répit n'est pas de mise et où les caractères se révèlent. Il parvient habilement à faire ressortir la bassesse dont l'être humain est capable et même si l'on touche quelques fois du doigt une certaine maladresse, celle-ci est sans cesse compensée par une générosité et une sincérité qui transpirent à l'écran.
Très influencé, le film l'est plus que visiblement, mais a bien digéré ses références pour livrer un spectacle horrifique sans autres prétention que de captiver son public. Et il y parvient plutôt bien, même si on regrettera un final un peu trop cliché.
Abel Ferry a le mérite de rendre son film sympathique car on ne peut pas dire que les acteurs soient transcendants, même s'ils remplissent leurs fonctions correctement. On pourra d'ailleurs être étonné du choix de
Fanny Valette dans le rôle principal, plutôt habituée à des interprétations plus « calmes ». Bien qu'elle donne de sa personne, elle peine à retranscrire tout le déchaînement d'émotions que devait transmettre son personnage. Au final, même si on n'est pas devant le film de genre ultime,
Vertige procure quelques frissons et un dépaysement certain, divertit sans mal, et ne provoque à aucun moment l'ennui, l'action étant parfaitement compactée sur une heure vingt-cinq.
Vertige est un bon représentant du cinéma de genre français, habilement mis en scène et bien rythmé.